Commencée lundi 27 avril 2009, la grève s’est terminée le mercredi suivant à 16 h chez Diehl-Augé découpage. La direction a retiré son plan de licenciements, à Besançon comme dans l’Oise et en Haute-Loire.

Le travail devait reprendre ce jeudi matin 29 avril 2009 à 5 h 30 chez Diehl-Augé découpage dans la zone industrielle de Trépillot à Besançon. Un protocole de sortie de conflit a été signé hier entre la direction et les représentants du personnel après qu’une assemblée générale, la quatrième de la journée, l’a approuvé à l’unanimité moins une abstention. Le texte comporte trois points, explique Fabien Bailly, délégué du personnel CGT : « 1) le projet de plan de sauvegarde de l’emploi est arrêté, 2) les heures de grève seront en partie payées, 3) une autre organisation du chômage partiel sera mise en place afin que les salariés payés au forfait y participent ».
Commencée lundi matin, la grève avait été reconduite dès 5 h 30, à l’arrivée de la première équipe. L’usine restait bloquée depuis le début, y compris la nuit. Côté boulevard, l’accueil était entravé par une chaîne et des bennes à copeaux, rue Jouchoux, l’accès des livraisons était empêché par une benne de 15 tonnes, l’entrée du parking surveillée... En jeu, 40 emplois sur 210 à Besançon, mais aussi autant chez Griset, dans l’Oise, et 20 sur 100 chez DPE en Haute-Loire, deux filiales françaises du groupe Diehl de Nuremberg, qui a racheté Augé-découpage il y a deux ans.
Une demi-heure après le début du comité d’entreprise extraordinaire, les délégués sortaient une première fois : « Ils arrêtent le plan, c’est une première bonne mesure, mais qu’en sera-t-il dans six mois ? Ils veulent baisser la masse salariale ». Les salariés votent la poursuite du mouvement, le CE reprend. « On est déterminé », commente un ouvrier, « on se dit que si on ne bouge pas, rien ne va rester à Besac... » Sur le boulevard, des conducteurs klaxonnent des encouragements.
Nouvelle suspension à 12 h 10. Une AG s’improvise rue Victor-Sellier pour échapper au bruit de la quatre voies. Fabien Bailly résume, l’écoute est totale : « La direction propose de passer les jours de grève en jours chômés, elle annonce sept jours chômés en mai, dit qu’il n’y aura pas de nouveau plan, ce ne sont que des paroles. On rentre dans un cycle de bagarres à Besançon comme dans le pays, ils veulent réduire le temps de travail et les salaires, on est plus sur des formations financées par l’État et la région. Il faudra l’imposer, notre perspective sera de se bagarrer à nouveau ».
Nouveau vote unanime, nouvelle reprise du CE, jusqu’à l’accord de 16 h et la décision de reprendre. La direction, qui n’a pas souhaité parler à la presse, disait en avoir impérativement besoin afin de fournir d’urgence une usine en Allemagne. Pour l’heure, le projet de baisser temps de travail et salaires demeure. « On n’est pas d’accord, la direction a pris note, elle ne peut pas baisser les salaires sans accord. On est satisfait de l’issue du conflit, on s’est applaudi autour du barbecue », assurait Fabien Bailly.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 30.04.2009