daniel bordur - journaliste

Une clinique d’addictologie en projet à Besançon

Porté par la fondation Arc-en-Ciel, le CHU, l’hôpital de Novillars, l’ANPAA-25, le réseau ville-hôpital et Soléa, le projet attend le feu vert financier de l’Agence régionale de santé.


Agréé par le SROS (schéma régional d’organisation des soins), le dossier présenté par la fondation Arc-en-Ciel de Montbéliard est celui d’un établissement de 55 lits et places. Il est de « niveau 3 », c’est-à-dire avec soins, enseignement et recherche. Les patients seraient des personnes ayant un problème avec l’alcool ou une drogue, le jeu (casino...) ou l’internet. Particularité, une partie des places serait destinée aux personnels de santé de tout le pays.

Une première mouture, consistant en une construction neuve abritant d’autres réseaux de santé, était budgétée à 10 millions d’euros. On l’a abandonné au profit de la reprise d’un site existant à proximité du CHU, peut-être du côté des Tilleroyes. « Nous sommes en recherche de synergies », explique Samuel Guinard, le directeur général de la fondation. Le coût pourrait tomber à « moins de la moitié » de la première ébauche, soit moins de 5 millions d’euros.

Équipement obligatoire

Pour l’instant en stand-by, le projet attend le feu vert de l’ARS, l’agence régionale de santé. Elle devrait être représentée lors de la prochaine réunion du comité de pilotage qui doit se tenir d’ici la fin du mois. « Nous verrons l’évolution du budget de fonctionnement et si nous pouvons être aidés par l’ARS », dit M. Guinard. Vu l’obligation légale pour la région de disposer d’un tel équipement, il espère un « aboutissement rapide ».

S’exprimant au nom de la direction du CHU, le professeur Daniel Sechter, chef du service de psychiatrie, « espère » lui aussi, mais il reste « prudent et attentif tant que ce n’est pas réalisé », d’autant qu’il souligne « certaines ambiguïtés ». En fait, la contradiction entre l’obligation d’avoir un tel lieu et les restrictions budgétaires.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.05.2011


1.000 personnes par an suivies

Au CHU, l’un des seuls de France à ne pas avoir de service d’alcoologie, on attend le projet, on le « souhaite ». Il y a 30 ans, l’alcoologie y avait sa place en gastro-entérologie, mais elle a disparu pour manque de lits. Depuis octobre, l’hépatologie accueille une consultation hebdomadaire du docteur Daval, du centre d’alcoologie (2, rue Morand). « Nous avons de nombreux malades alcoolo-dépendants, les retours sont positifs », dit le professeur Martino, chef de service. Ces patients peuvent être orientés vers l’accompagnement de jour du centre d’alcoologie. « Cela peut être indiqué en sortie de cure, prolonger le travail commencé, c’est un tremplin avec retour à domicile », dit Anne-Lise Daval. Reste que l’accompagnement de jour, malgré un objectif de 80 patients, n’en reçoit que 45/an. « Cela nous gênerait que ça disparaisse », dit le docteur Benoît Legrand, président de la commission médicale d’établissement du CHS de Novillars. Pour Vincent di Martino, un atout de l’accompagnement de jour est de « valoriser les gens, leur montrer qu’ils sont libres ». La clinique offrirait une « palette » du parcours de soins, entre sevrage, cure, postcure ou accompagnement de jour, estime Marie-Jo Acinas, du centre d’alcoologie qui mérite à être connu : « Des gens téléphonent au CHU où on leur dit qu’il n’y a rien alors qu’on suit 1.000 personnes par an... »

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