C’est quoi ce boucan ? De nombreux Bisontins ont levé les yeux au ciel mercredi pendant plusieurs minutes vers 12 h 40, hier à 13 h 58 pendant une trentaine de secondes, puis moins fort et moins longtemps à 14 h 08 et 14 h 20. Les uns ont aperçu un avion de chasse « faisant des acrobaties au-dessus de l’agglo », effectuant « au moins trois tours de 360 degrés autour de la ville », ou passant « juste au-dessus du centre-ville ». D’autres n’ont rien vu mais entendu, fermant leurs fenêtres ou cessant leurs conversations et leurs appels téléphoniques : « On est attaqué ou quoi ? ». Les chats se sont terrés sous les armoires : « Miaou, tous aux abris ».
Ce vacarme venu du ciel est le fait d’avions s’entraînant au combat aérien. Mais d’où venaient-ils ? Plus proche base militaire, la BA 116 de Luxeuil a reçu plusieurs plaintes, mais « ce ne sont pas des avions de Luxeuil », nous y a-t-on répondu. Une heure plus tard, un officier de communication de la BA 116 rappelle après que nous ayons sollicité le délégué militaire départemental du Doubs : « Ce sont les nôtres », donc des Mirage 2000. À la BA 102 de Dijon, le commandant fait dire qu’il « ne communique pas sur la destination de nos avions actuellement ».
Selon Claude Domergue, exploitant de l’aérodrome de La Vèze, il pourrait s’agir de « F18 suisses, des appareils qui poussent bien ». L’avion américain est réputé faire beaucoup de bruit. Cette hypothèse, possible car l’aviation helvétique s’entraîne parfois chez nous, est également partagée par un autre passionné d’aviation, pilote amateur. À la base aérienne de Payerne (Suisse), nous avons appelé trop tard pour nous faire confirmer ou démentir le passage de F18.
Une source militaire française exclut en revanche des appareils participant à l’exercice Casex P3-2011 qui se tient du 18 avril au 6 mai à partir de la base de Suippes, près de Mourmelon (Champagne). Il s’agit d’un « exercice régional mettant en oeuvre un grand nombre d’aéronefs de combat français et étrangers avec simulation de passes de tir », explique un document transmis aux aérodromes civils afin de les prévenir du danger à voler dans les zones où évoluent les avions de guerre dont « les équipages n’assurent pas l’anticollision dans certaines phases de vol » où ils évoluent aux instruments.
Quoi qu’il en soit, hier et mercredi, des appareils semblent avoir franchi la limite orientale de la zone d’exercice à moyenne altitude 158 B. Celle-ci passe au-dessus des quartiers ouest de la ville : Planoise, Chateaufarine, Hauts-de-Chazal. Les exercices sont de toute façon fréquents dans le secteur et nombreux sont les amateurs à observer régulièrement les évolutions des zincs.
Mais hier, et surtout mercredi, limite franchie ou pas, on ne pouvait que très bien entendre un avion, surtout par beau temps et vent faible : « En moyenne montagne, le bruit résonne davantage », dit un connaisseur. « Et un avion prenant un virage serré avec les réacteurs vers le bas dans une vallée encaissée, cela fait vraiment du bruit », ajoute un autre.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 22.04.2011
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