En marge d’une rencontre avec des parents d’élèves au collège Clairs-Soleils de Besançon, le recteur Éric Martin a confirmé, en des mots soigneusement choisis, le report de l’examen de la carte scolaire dans le premier degré. Il a évoqué « un champ de réflexion qui va nous donner quelques semaines supplémentaires ». Autrement dit, les décisions d’ouverture et de fermeture qui se prennent généralement fin janvier ou début février, sont repoussées au-delà de ce « champ de réflexion ».
Le recteur précise être « toujours en phase d’étude : il faut entendre les choses qui se disent, écouter et comprendre, avant de décider ». Les comités techniques paritaires départementaux prévus d’ici la fin du mois devraient se tenir pour traiter des questions relatives au second degré, notamment les collèges. Il pourrait y avoir d’autres comités techniques, avec des « compléments d’ordre du jour pour le premier degré quand on aura fini le travail ». Quant au risque de téléscopage des mesures de carte scolaire et du mouvement des enseignants (demandes de mutations), il assure que les personnels du rectorat sont « très mobilisés ».
Le recteur assure enfin n’avoir reçu « aucune note du ministère » concernant le report du processus, mais préfère ne pas répondre quand on lui demande s’il y a eu des consignes verbales.
L’inspectrice d’académie du Doubs, Élisabeth Bizot, qui participait à la même réunion, a pour sa part « regretté la publication de listes d’écoles [dans la presse] qui peuvent laisser entendre que des décisions sont prises. Dans le Doubs, un premier groupe de travail ne fait que recenser et afficher les situations qui méritent d’entrer dans un champ d’étude. Cet affichage ne présage nullement de la décision. C’est seulement un recensement de situations qui ont pu évoluer depuis l’année d’avant. Publier une liste suscite l’angoisse ».
Quant au chiffre annoncé de 94 suppressions de postes en Franche-Comté, dont 71 d’enseignants et 23 d’intervenants extérieurs et d’assistants de langue, il n’est pour l’heure pas remis en cause. « Il n’y a à ma connaissance aucun comité technique paritaire national sur ce sujet à venir », indique le recteur.
Revenir sur ces suppressions de postes budgétaires, 8 900 au plan national, votées lors de la loi de finances 2011, n’est en effet pas du ressort d’un recteur. Cela appartient au pouvoir politique... On en est évidemment loin.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 16.01.2011
Diriger une administration décentralisée d’État est un métier de chien, pire que Premier ministre.
Tout se passe comme si, aux classiques critiques de l’opposition et aux compréhensives levées de bouclier des parents d’élèves sur la carte scolaire, s’ajoutaient les feux de détresse allumés en urgence par les élus et candidats UMP à destination du gouvernement.
« Arrêtez tout ! Stoppez les annonces de suppressions de classes, sinon c’est la cata aux cantonales ! »
Mais comment faire alors que le budget est voté ? Au ministère, on a mis la tête dans le sable, on en parle le moins possible, on sert la plus belle langue de bois aux journalistes. Ne pas admettre qu’on veut laisser passer l’orage pour annoncer les mauvaises nouvelles après les élections. Bref, ne rien assumer politiquement et laisser aux 31 recteurs le drôle de boulot de dire sans dire tout en laissant entendre que le sujet est technique. Moyennant une prime avec désormais une part variable indexée sur leurs « résultats ».
Quant aux inspecteurs d’académie, chargés d’appliquer sur le terrain une politique et ses atermoiements, leur situation est encore plus inconfortable. A tel point que leur syndicat (ils en ont donc un !) appelle à manifester le 22 janvier avec les enseignants ! Du jamais vu.
Supprimer des postes un jour et défiler contre le lendemain : un métier de chien on vous dit !
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 16.01.2011