Le Conseil académique de l’Éducation nationale a voté contre le projet pour les lycées de Franche-Comté, mais son avis n’est que consultatif.
BESANÇON._ Alors que le ministère de l’Éducation nationale, via les rectorats, demande aux chefs d’établissements de vite faire remonter des informations sur la préparation de la rentrée 2010, la concertation patine. La FSU, principal syndicat d’enseignants, a boycotté hier matin le comité technique paritaire académique (CTPA). Le quorum n’étant, du coup, pas atteint, il n’a pas été possible d’examiner la répartition des moyens pour les lycées, lycées professionnels et sections post-bac.
Les syndicats protestent d’une baisse de 94 emplois (dont 88 dans les lycées) alors que les effectifs sont en hausse (+ 421 dont 157 en lycées). Le recteur parle de moyens constants et affirme que s’il y a « moins de postes, la différence financera du fonctionnement et de la formation ». Pour le Snes, c’est un « recul inacceptable sur la formation : près de 300 stagiaires, jusqu’à cette année à 6 ou 8 heures d’enseignement, auront un plein-temps », analyse Denis Baron. Un nouveau CTPA est programmé pour jeudi 4 février, il pourra se tenir même sans quorum. Le Medef vote pour
Hier, le conseil académique de l’Éducation nationale (CAEN) qui n’avait pu se tenir le 19 janvier faute de quorum, notamment du fait de l’absence d’élus locaux retenus par une réunion nationale de l’Association des maires de France, s’est à nouveau réuni. Cette fois encore le quorum n’a pas été atteint, mais le CAEN a pu valablement se réunir. Et voter en défaveur du projet de rentrée préparé par le recteur, les représentants du Medef et du CESR (conseil économique et social) l’approuvant. « Ce n’est qu’une instance consultative, on y va pour expliquer la dégradation de nos conditions de travail au CESR, aux élus, aux parents », explique Nathalie Faivre, prof d’allemand au lycée Victor-Hugo de Besançon, élus Snes. Collèges et primaire
Les moyens financiers pour les collèges, les écoles primaires et maternelles doivent être examinés au niveau des inspections académiques départementales dans les comités techniques paritaires départementaux (CTPD), puis les conseils départementaux de l’Éducation nationale (CDEN). Le CTPD du Jura s’est tenu hier, le CDEN aura lieu le 2 février. Prévu aujourd’hui, le CTPD de Haute-Saône est reporté à vendredi, le CDEN est annoncé le 1er février. Dans le Doubs, le CTPD devait se tenir aujourd’hui, mais un boycott syndical devrait entraîner son report, peut-être mardi 2. Le CDEN est prévu ce jeudi.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 26.01.2010
Le comité technique paritaire académique du 4 février devra examiner les propositions de dotations horaires du rectorat, donc les postes de profs, lycée par lycée.
BESANÇON._ Chaque année à cette époque, le rectorat fait ses propositions de dotations horaires globales (DGH), lycée par lycée. Il s’agit du nombre d’heures d’enseignement par semaine. On peut en déduire le nombre théorique de postes de professeurs en divisant cette DGH par 18. Logique : leur service est de 18 heures hebdomadaires de cours, à ne pas confondre avec leur horaire de travail qui comprend aussi préparations et corrections. Le résultat de cette division ne donne qu’une indication, des enseignants pouvant effectuer des heures supplémentaires ou avoir un horaire moindre, comme les agrégés qui doivent 15 heures.
Ces nuances exposées, voici les établissements dont les propositions d’évolutions sont supérieures à deux équivalents-temps-plein (ETP) entre la rentrée 2009 et la rentrée 2010 :
Lycées généraux et technologiques
Besançon : Haag : -3,4 ; Hugo : - 3,9 ; Pergaud : -8,2.
Montbéliard : Viette : -6,7 ; Grand-Chénois : -2,2.
Pontarlier : Xavier-Marmier : -3.
Morteau : Faure : -2,4.
Dole : Duhamel : -5,3.
Lons : Michel : -4.
Mouchard : du bois : -3,4.
Salins : Considérant : -2,6.
Gray : Cournot : -2,9.
Héricourt : Aragon : +2,7.
Vesoul : Belin : -4,3.
Belfort : Follereau : -5,3 ; Courbet : -2,5.
Lycées professionnels
Audincourt : Léger : -5,1.
Baume-les-Dames : Jouffroy d’Abbans : -4,8.
Besançon : T-Bernard : +2,2 ; Pergaud : -2,6 ; SEP Haag : -4,6 ; Montjoux : -4.
Montbéliard : Viette : -3,4.
Dole : Duhamel : -5,2.
Moirans : Vernotte : - 2,2.
Saint-Amour : -4,1.
Gray : Cournot : +3,1 ; Fertet : -2,3.
Luxeuil : Lumière : +2 ; Beauregard : -3,1.
Vesoul : Belin : -2,6 ; Luxembourg : -8,1.
Belfort : Follereau : +2,9.
4.617 heures de moins depuis 2006
La DGH totale proposée par le rectorat passe de 43.587 heures à 42.354 dans les lycées généraux et technologiques, soit 1.233 heures de moins ou 68,5 ETP, la diminution de la DGH depuis la rentrée 2006 est de 3.361 heures (-7,35%) ou 186,7 équivalents temps plein. Dans les lycées professionnels, la DGH proposée pour 2010 est de 24.918 heures contre 25.728 en 2009, soit 811 heures ou 45 ETP. Depuis 2006, la diminution est de 1.256 heures (-4,8%) ou 69 équivalents temps plein.
L’ER - 27.01.2010
Le recteur Marie-Jeanne Philippe indique que ses « premières projections » doivent être discutées en comité technique paritaire académique avant d’éventuels « ajustements ».
Les moyens pour les lycées continuent à baisser...
Je ne suis pas d’accord avec la FSU qui parle de 421 élèves de plus car les repères ne sont pas fixes, elle compare le constat de la rentrée 2009 et les prévisions de rentrée 2010 (ER d’hier). Il faut raisonner soit de constat à constat, soit de prévisions à prévisions. Depuis trois ans, les effectifs baissent dans le second degré : environ 1.230 en 2007, 345 en 2008 et 485 en 2009. Mais à chaque fois, nos prévisions sont optimistes : en 2009, on avait prévu 149 élèves de moins... Ce phénomène dure depuis une dizaine d’années.
D’où moins de postes prévus pour la rentrée 2010 ?
Je suis fâchée par rapport à la FSU qui a eu les DGH par établissement pour préparer le CTPA prévu lundi (NDLR : il n’a pas eu lieu faute de quorum, un nouveau devant se tenir le 4 février). Ces chiffres ne sont qu’une première projection, c’est au CTPA d’en discuter. Les chefs d’établissements ont pour mission de voir ce que ça donne en postes. Ce n’est pas la peine d’affoler inutilement, il se peut qu’on revienne sur certaines décisions. En outre, il ne faut pas confondre la DGH proposée et la DGH réelle, plus importante de 2 à 3% selon les établissements, avec les réajustements de rentrée, pendant l’année ou pour des actions...
Le lycée Pergaud de Besançon doit perdre 8,2 équivalents temps plein et le LP 2,6... Que se passe-t-il ?
Ils ont perdu des élèves. Sur le LP, l’offre de formation des filières est passée à Tristan-Bernard. On réduit les offres de formation en fonction du nombre d’élèves. Sur certains secteurs, il y a des places vides comme secrétariat-comptabilité. On avait quatre filières usinage à 4 ou 8 élèves : deux suffisent. mais s’il y a davantage de demandes à la rentrée, on rouvrira.
Quelles sont vos marges de manœuvre ?
On en a toujours un petit peu. Des chefs d’établissements peuvent nous démontrer qu’on a été sévère. J’avais proposé de fermer un CAP maçon à Beauregard (Luxeuil), or ça peut être intéressant dans le cadre du réseau d’établissements éco-énergie, je l’ai donc maintenu. Je vais regarder au cas par cas chaque lycée pour voir si des ajustements sont possibles.
Le LP Luxembourg de Vesoul perd 8 postes, la quart de sa dotation horaire depuis 2006...
Il perdait sans arrêt des élèves, c’est pour ça qu’on a gardé le CAP de maçon.
Pourquoi 5 postes de moins de Fernand-léger (Audincourt) ?
C’est dans le cadre d’une fusion avec Garnier qui a une filière usinage non remplie qu’on ferme...
ER 27.01.2010