Les riverains de Monoprix n’acceptent pas les propositions de l’enseigne. Deux membres de la direction parisienne les rencontrent mardi 13 septembre.
Officiellement, l’affaire est « privée ». C’est ce que répètent le directeur de la Sedd, Bernard Bletton, et Jean-Louis Fousseret. Mais de son dénouement dépend en partie l’avancement du projet des « Passages Pasteur » qui devait initialement être livré en 2006... C’est pourquoi, après avoir reçu une délégation des habitants, douze familles et deux locaux commerciaux, le maire a discrètement « relayé » et « appuyé » leurs revendications auprès de la direction parisienne de Monoprix.
En juillet, tout paraissait ficelé après une rencontre entre les habitants et Jean-Marie Rouèche, directeur technique et sécurité de Monoprix. Après des atermoiements qui ont lassé jusqu’à l’expert judiciaire nommé par le tribunal de grande instance de Besançon, après la condamnation d’une entreprise qui avait désamianté en contaminant un appartement voisin, il était temps d’enfin avancer. L’enseigne avait donc fini par s’engager à prendre en charge tous les frais de relogement temporaire durant les travaux, et à verser une indemnisation.
Las, la proposition parvenue aux intéressés par le biais de Me Chatain, un avocat parisien, les a fait bondir. On leur propose un logement « dans l’agglomération ». Pas question de trop s’éloigner, répondent les riverains en invoquant l’année scolaire commencée. Pas question d’accepter des appartements pouvant avoir une surface inférieure de 35 % alors qu’ils doivent emporter tous leurs meubles. Pas question non plus de ne pas voir de date de fin des travaux sur le protocole, « avec versement de pénalité en cas de retard », dit Fabrice Riceputi, porte-parole des habitants. Ni de signer un engagement de renoncer à tout recours judiciaire en cas de problème. Quant à la proposition d’indemnisation de 2000 euros par logement et 1 000 euros par personne, elle leur paraît « inacceptable ». Et ils se demandent quelle est la position de Monoprix : celle qu’ils ont entendue ou celle qu’ils ont lue ? Nous avons cherché à le savoir en contactant la direction parisienne de Monoprix, En vain.
En attendant, certains habitants avaient trouvé un logement. Mais faute d’engagement de Monoprix, les agences les ont loués à d’autres clients. L’exaspération est palpable entre le 10 et le 14 Grande rue. « On habite chez Monop’ dit Fabrice Riceputi qui a acheté son appartement il y a 18 ans. La copropriété « ne peut pas rénover la cour car on attend la fin des travaux, on paie depuis 10 ans la location d’un échafaudage qui soutient un plafond qui menace de s’effondrer... Et maintenant, on nous demande de partir pour que Monoprix puisse continuer à faire son business. Si on reste, on bloque tout ».
Et le chantier dont on annonce la fin pour 2014 risque encore de se prolonger. On comprend pourquoi cette affaire privée a une sérieuse incidence sur... le calendrier politique.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.09.2011
La rencontre a débouché sur une promesse de nouvelles propositions de Monoprix que les riverains examineront.