daniel bordur - journaliste

Pas toujours facile de faire grève à chaque fois

Un trentième de salaire en moins par jour de grève sur le réseau de bus urbains de Besançon.


7 H 30 ce jeudi 19 octobre au dépôt de bus de Besançon-Planoise. Le blocage mis en place par des cheminots est arrivé trop tard pour empêcher les bus de sortir. La direction a prévu des services assurés à 80%. C’est davantage que lors des précédentes journées d’action. Aucun bus n’avait circulé le 7 septembre, mais 75% le 2 octobre, 45% le 12...

Hier matin, trois bus sont restés bloqués quelque temps dont celui de Ghislaine, en grève jeudi dernier mais pas hier : « Je ne peux pas me permettre de faire grève à chaque fois, je la fais quand je peux, je suis à mi-temps... »

Cela ne signifie pas qu’elle se résout au recul du départ à la retraite. Elle sera d’ailleurs dans la manif de l’après-midi qui réunira 8.000 personnes : « Travailler jusqu’à 60 ans, c’est largement assez, surtout pour conduire un bus en toute sécurité. En vieillissant, on a quand même moins de réflexes, on souffre pas mal du dos, on est toujours assis... Je suis d’ailleurs à mi-temps à cause de ces conditions-là, pour faire mon travail correctement ». Gagnant 850 EUR par mois, elle en perd un trentième, soit 28 EUR, à chaque jour de grève. Additionnés, ça finit par peser.

Michel Tournier, délégué CGT de l’entreprise, est quant à lui « étonnement surpris qu’il y ait eu autant de monde à faire grève, dès septembre alors que les gens étaient encore la tête dans les congés ».

Pour rendre la grève plus accessible, des syndicats ont des caisses de solidarité, mais elles ont leurs limites. Après trois jours de grève, un syndiqué FO pourra se voir attribuer une demi journée de salaire au quatrième, explique Claude Candas, secrétaire de l’union départementale FO du Doubs.

Le coût de la grève pour certains salariés est bel et bien un obstacle. Les personnels de la fac de lettres de Besançon, qui l’ont bien compris, ont pris hier une décision de « solidarité financière avec les salariés des transports et de l’énergie. On fera don d’une journée de salaire par semaine », explique Jean-Marie Viprey, délégué du Snesup-FSU à l’issue d’une première assemblée générale.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 20.10.2010

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