Les déléguées régionales aux droits des femmes de toute la France étaient jeudi et vendredi à Besançon. Élisabeth Tomé-Gertheinrichs, chef du service pour l’égalité femmes-hommes à la direction de la cohésion sociale, dit pourquoi.
Vous êtes chef de service et non directrice...
Ce qui compte, c’est la marge de manoeuvre. Le service assure des missions interministérielles. Toutes les déléguées régionales et les chargées de mission départementales ont vocation à travailler de manière transversale.
À quoi servent ces deux jours ?
C’est l’occasion de partager des savoir-faire exemplaires ou innovants sur un territoire. En Franche-Comté, on travaille l’égalité dans les programmes opérationnels européens, dès l’instruction des dossiers.
Par exemple ?
Des bailleurs sociaux ont 40 % de familles monoparentales : on pense aux lieux pour sécher le linge ou aux escaliers. Dans toutes les politiques publiques, on se pose systématiquement la question de l’impact des décisions de gestion sur l’égalité femmes-hommes.
Et dans les entreprises ? Les journées à rallonge des caissières dans la distribution ?
On ne s’appuie pas que sur la bonne volonté. Il y a eu six lois sur l’égalité depuis 1983, un accord national interprofessionnel en 2004 signé par tous les partenaires sociaux...
Pour quel résultat ?
Seulement 5 % d’accords dans les entreprises, ce n’est pas glorieux.
Ne vit-on pas une période de reflux des droits des femmes ?
Il n’y a pas de signe tangible que les femmes soient plus victimes de la crise que les hommes. On s’assure qu’elles ne sont pas la variable d’ajustement. Un levier d’action est par exemple le prix de la vocation scientifique et technique : on distribue 650 bourses de 1 000 euros à des jeunes femmes s’engageant dans des études scientifiques.
Et la lutte contre les stéréotypes ?
C’est le fond du problème. L’image des femmes dans les médias est en inadéquation avec ce que font et sont les femmes modernes d’aujourd’hui...
Recueilli par Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.06.2010