Le délégué CGT d’EDF a été accompagné par 150 manifestants au commissariat bisontin. Il y a été entendu après des plaintes de la direction, suite aux grèves du printemps 2009.
Environ 150 personnes se sont rassemblées hier matin devant le commissariat de police de Besançon où était convoqué Marc Pautot, délégué syndical CGT à EDF. Porteuses de nombreux drapeaux CGT, mais aussi CFDT, FO et CFE-CGC, elles entendaient défendre les libertés syndicales, à leurs yeux bafouées par les directions des filiales d’EDF et GDF-Suez, ERDF et GRDF, et le gouvernement.
« Fillon et Hortefeux ont demandé des sanctions exemplaires à l’encontre de ceux qui luttent », a indiqué Christophe Lime, autre délégué CGT, lors d’une prise de parole. Odile Tabet (CFDT), Fabien Vaubourg (FO) et François Tard (CFE-CGC) ont témoigné de leur solidarité, dénonçant le « mauvais état d’esprit » d’une direction qui « se trompe de cible ». Marc Pautot a été entendu une demi-heure par un policier enquêtant à la suite de quatre plaintes contre X déposées par la direction bisontine des entreprises. Lors des mouvements sociaux du printemps, des électriciens et gaziers ont bloqué plusieurs sites dont les portes ont été soudées. Des cadres ont alors entrepris de manier la disqueuse pour dessouder, pas toujours avec la dextérité de professionnels, sous les regards narquois et les moqueries bon enfant des grévistes.
Les syndicalistes sont persuadés que la direction n’a pas supporté l’épisode, ni accepté les succès du mouvement. « Ils ont eu la trouille et veulent maintenant créer les conditions pour que les salariés baissent la tête et acceptent les politiques du gouvernement », souligne Maxime Guillemin, secrétaire de l’UD CGT, présent au côté de plusieurs responsables syndicaux d’autres secteurs.
Selon la direction, il y a aussi eu des coupures de courant chez des abonnés sensibles, voire malades. « C’est de la communication. Il n’y a eu que des coupures ciblées, loin de nous l’idée de couper des malades ou l’hôpital comme l’a prétendu la direction. À Saint-Jacques, on avait en effet coupé une annexe administrative du service informatique, même la direction de l’hôpital a reconnu qu’il n’y avait pas eu de danger pour les malades », nous a indiqué Marc Pautot. Applaudi à sa sortie, il a indiqué avoir été « reçu par quelqu’un d’agréable » qui l’a « interrogé sur des grilles soudées ». Il a affirmé n’avoir vu personne manier le fer à souder et espère un classement sans suite. « J’ai rappelé que les syndicats soutenaient les actions du personnel », a-t-il ajouté. À 9 h 30, le rassemblement se disloquait dans le calme.
Daniel BORDUR /L’Est Républicain - 19.11.2009