daniel bordur - journaliste

Cheminots à fleur de peau


Besançon. « On vous donne d’abord des nouvelles de la santé de notre collègue... », Bernard Mortelier, ce contrôleur SNCF qui avait reçu dix coups de couteau jeudi dans un train à Clerval, va mieux. Et ses confrères sont soulagés de l’apprendre au tout début de la réunion organisée hier matin par la CGT et SUD-Rail. Un communiqué du CHU confirmait hier soir qu’il « devrait quitter le service de réanimation dans les prochains jours ».

Dans les rangs de la quarantaine de contrôleurs, sur les 67 basés à Besançon, la sensibilité reste à fleur de peau. « La SNCF le prend en charge », dit Denis Furlan (CGT). « C’est la moindre des choses pour un accident du travail ! », réagit un contrôleur, approuvé par des hochements de tête. Tous sont très attentifs au compte-rendu de la réunion nationale sur la sûreté qui s’est tenue la veille. « Nous en attendions beaucoup, il n’en est pas sorti grand-chose : une deuxième réunion en novembre, 150 agents de plus qu’en 2010 au plan national : sur 10 000 ce n’est pas lourd, une cartographie des trains sensibles », poursuit le délégué qui voit le problème qui en découle : « Au CHSCT, on a dit qu’il fallait mettre deux agents par train sensible, mais on nous répond qu’il n’y a pas les moyens... » On parle aussi du renfort du filtrage, mais, dit le délégué SUD Bertrand Oudet, « à Paris, ils passent à côté des voies et montent dans les trains en évitant les filtrages... » Nouveaux hochements de tête.

Dans ce contexte, la perspective de l’absence de contrôleur dans les navettes entre les gares de Besançon Viotte et Auxon ne passe pas. C’est l’équivalent de quatre emplois, ont calculé les cheminots alors que le conseil régional a « budgété deux emplois pour la lutte anti-fraude sur les TER, donc pas liés à cette ligne », explique Denis Furlan. « C’est à la SNCF de mettre les postes, pas à la région », s’exclame un contrôleur. « La région paie, mais la SNCF décide », dit un autre.

Un vote indicatif de l’assemblée donne le ton. Une grève reconductible est envisagée : « il est urgent d’agir, le 11 décembre il sera trop tard ». « S’ils ne mettent pas de contrôleurs, dans cinq ans, aucun train n’en aura plus... » Parmi les autres actions décidées, une audience sera demandée à Alain Fousseret, vice-président (EELV) de la Région chargé des transports, et une pétition proposée aux cheminots et aux voyageurs...

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.10.2011

Textes et images © Jurandoubs | mentions légales | Site réalisé avec SPIP par Lionel Volta.