
Premier mai pluvieux, premier mai heureux ? Le grand moment d’émotion sous les parapluies fut l’hommage à Jean Ferrat.
Si ça fleurait bon la nostalgie à la Gare d’eau, après le défilé et l’apéro les pieds dans l’herbe mouillée, les plus jeunes se serraient au même instant sous les auvents du repas libertaire, place Marulaz. Il fallait faire la queue 20 minutes pour avoir un ticket et autant pour avoir à manger...
Quant au cortège syndical, démarré à 10 h 40 de la place de la Révolution où le rendez-vous était à 10 h, il aura réuni à peine 1.500 manifestants. Davantage qu’en 2007 et 2008, nettement moins que l’an dernier où, il est vrai, le temps était plus clément et l’unité syndicale totale. Pas comme hier où il manquait FO, CFTC et CGC.
Comme chaque année, on a vu des têtes nouvelles. Baaziz, boulanger au chômage de 40 ans, est venu pour la première fois avec des amis : « Il y a beaucoup de choses à régler... »
On défile par affiliation : CGT et CFDT font jeu égal, FSU et Solidaires sont plus discrets qu’à l’accoutumée. La sono de la CGT hurle « la crise c’est eux, la solution c’est nous ! » Celle de la CFDT chantonne « olélé, olala, le pouvoir d’achat, il faut l’augmenter... » Mais le refrain n’est pas repris par le chœur.

60 à 80 anars densément regroupés impressionnent avec des slogans qui veulent en découdre avec le capitalisme. D’autres se consolent avec humour de la relative désaffection des troupes : « Non seulement on est samedi, mais ça confirme que la météo est au service du capital ! »,
Plusieurs tracts sur les retraites rappellent que c’est le grand sujet du moment. Il faut cependant attendre la fin de la manif pour entendre une sono en parler : « La répartition / c’est la solution ! de l’argent y’en a / dans les poches du patronat ! »

Comme chaque 1er Mai, les partis de gauche sont de sortie. Le PCF, le NPA et LO en habitués, le PG en apprenti qui veut bien faire. Les Verts sont rares. Au milieu de nombreux drapeaux PS, les patrons de la Région, du Département et de la Ville sont aux anges. Une militante a ressorti un badge du...PSU. Histoire de signifier que le PS n’est pas assez à gauche ? Elle rigole.
Le prochain 1er Mai tombe un dimanche, mais en 2012, en pleine présidentielle, c’est un mardi. Pour la météo, on ne sait pas encore...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 02.05.2010





