L’inauguration du contournement sud-ouest de Besançon est annoncée pour lundi 11 juillet. Un temps pressenti pour couper le ruban, le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, ne devrait pas être de la partie. Les 6 km de route à deux fois deux voies entre La Vèze et le pont de Beure, via deux tunnels et le magnifique vallon des Mercureaux, entreront en service le lendemain matin.
Un arrêté préfectoral du 3 juin autorise pour six ans la mise en service du tunnel du bois de Peu. La demande de renouvellement de l’autorisation devra être faite cinq mois avant l’échéance. Il en sera de même en cas de « modification importante des conditions d’exploitation, d’évolution significative des risques ou après un incident ou un accident grave en rapport avec les risques particuliers de l’ouvrage ». Un exercice de sécurité est imposé une fois l’an.
Ainsi donc se termine l’un des chantiers les plus controversés des dernières décennies. Et peut-être des prochaines. Durant les années 1990, le débat entre les partisans du « grand contournement » (qui aurait utilisé les départementales existantes) et ceux du « petit » fut squizzé par le préfet Silberzahn. Du moins si l’on se réfère à une sortie de feu Raymond Tourrain, député et élu local RPR, lors qu’un conseil municipal de Besançon d’avril 1994. Le maire Robert Schwint avait confirmé : « L’Etat a dit, c’est le petit contournement ou rien ».
Seul, à droite, Michel Vialatte avait soutenu le grand contournement au côté des écologistes. Ce en quoi la gauche avait vu une manoeuvre pour tenter de capter les voix vertes au second tour de la municipale de l’année suivante. Mais la droite se tira une balle dans le pied en choisissant un autre champion... Vialatte quitta la ville et affronta d’autres épreuves, judiciaires, autrement plus pénibles. Mais favorable à un référendum, il prononça une phrase prémonitoire : « Dans quinze ans, le projet aura vieilli et la fluidité du trafic ne sera pas assurée ».
De fait, on redoute l’engorgement au rond-point de Beure. Et si priorité est donné, avec des feux, aux véhicules empruntant la voie des Mercureaux, on s’inquiète déjà pour ceux qui empruntent les autres routes. Dans les années 90, on se félicitait d’avoir prévu une tranchée couverte entre Planoise et Micropolis pour conjurer les nuisances. Mais ce tronçon Beure-L’Amitié est renvoyé à beaucoup plus tard. À l’époque, les élus locaux s’étaient prononcés pour un projet à un milliard de francs (150 millions d’euros), les mauvaises langues disaient 1,5 milliard. Mais avec 250 millions d’euros, on y est. Sans ce dernier tronçon...
On aura enfin une pensée émue pour les riverains et les promeneurs qui n’apprécieront jamais plus comme avant la quiétude du vallon des Mercureaux. L’homme aime saccager ce qui est beau au nom du progrès.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 18.06.2011