daniel bordur - journaliste

Plazza del sol tentée à Marulaz

"Los indignados" ont fait quelques dizaines d’émules à Besançon, "vieille ville espagnole" (Hugo)


À L’HEURE DITE, 18 h 30, seul un duo clarinette-guitare anime la place Marulaz. Quelques instants plus tard, elle se remplit doucement. Catherine, « mère de futurs chômeurs », rigole : « On paie les études, alors on vient voir les efforts qu’ils font pour se bouger ». Il y a beaucoup de jeunes, des étudiants dont certains ont animé l’AG permanente de la fac de lettres à l’automne. Mais aussi des plus âgés, salariés, précaires, artistes, chômeurs, quelques-uns sont « Désobéissants », militants d’Attac, du groupe antinucléaire, du Parti de gauche... Certains ont été informés par internet, trois Barcelonaises en stage Eurodyssée par Facebook, d’autres l’ont su le matin à la manif contre les expulsions.

On voit quelques poussettes. Des calicots en carton sont disposés autour de ce qui devient vite un forum : « Pour moi, je ne veux rien, pour tous, je veux tout », « Le monde se divise entre indignes et indignés », « Ils ont le chiffre, ayons le nombre »...

Vers 19 h 15, un cercle se forme, la discussion commence, un peu poussive au début : le bruit de la fontaine fait tendre l’oreille. Quelqu’un amène un porte-voix et le pose au milieu du cercle où il reste de longues secondes. Pourquoi être là ? Que faire ? Que vouloir ? Une proposition d’occuper une place est lancée. Thierry résume : « Il faut réfléchir à des mots d’ordre, que chacun dise ce qui lui semble important. Pour moi, ce n’est pas aux citoyens de payer pour les banques ». Un étudiant veut « récupérer les espaces publics laissés aux flics, à la pub, au lucratif ». Une jeune femme, « là pour faire la révolution », demande qui est d’accord : une bonne moitié de mains se lèvent. Un jeune homme est là pour, notamment, « la démission de Sarko ». Un texte est lu, parle de « révolution éthique », d’un « 1789 bis », d’une « constituante ». Une fille est prête à « camper ici, qui est d’accord ? » Ils sont une dizaine, elle est un peu déçue : « Que ça ! ». Un garçon demande qu’on revienne au texte : « On s’aligne ou on l’amende ? Ensuite on pourra choisir des modalités d’action... » Pas mal l’approuvent.

A l’heure où nous mettions sous presse, la réunion continuait...

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 29.05.2011

Textes et images © Jurandoubs | mentions légales | Site réalisé avec SPIP par Lionel Volta.