Les communistes du Doubs ont amplifié le vote national en faveur de Jean-Luc Mélenchon comme candidat en 2012.
Les militants communistes du Doubs ont amplifié le vote national en faveur de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle de 2012. Avec 75,8 % et une participation de 73 %, l’éphémère correcteur de Néo-Typo en 1974, fait mieux que ses scores national (59,1 %), jurassien (69,8 %), belfortain (65 %) et haut-saônois (15,7 %).
L’autre volet de l’accord entre les composantes du Front de Gauche concerne la répartition des candidatures aux élections législatives qui suivront le scrutin présidentiel. 80 % des candidats seront communistes au plan national. Cette proportion est acquise dans le Doubs avec quatre candidats communistes et un du Parti de gauche, dans l’une des deux circonscriptions bisontines.
L’ambiance était donc sans surprise à l’optimisme, hier au fort de Bregille, pour la traditionnelle fête de la section de Besançon du PCF. « À mon avis le Front de Gauche va remonter », souriait l’ancien adjoint au maire André Vagneron, 85 ans. « La dynamique va changer, on va faire éclater le champ politique », pronostiquait Emmanuel Girod, secrétaire départemental du PG. « Il n’y a plus de compétition au sein du Front de gauche », ajoutait Floriane.
Secrétaire départementale du PCF, Annie Ménétrier se lâchait en se réjouissant du débat critique organisé autour d’une conférence du sociologue Julian Mischi. « On n’a pas l’habitude de partir ainsi des questions locales ». À l’unisson, nombre de militants avaient la mine des jours heureux, ceux de la reconquête... L’universitaire leur avait en quelque sorte ouvert les yeux sur une des raisons de la perte d’influence communiste en milieu ouvrier depuis une quarantaine d’années. « Le PCF avait permis la promotion d’ouvriers urbains, français, qualifiés jusque dans les années 70, leur avait permis de faire de la politique, grâce un travail de formation dans les écoles du parti, les entreprises. Or, aujourd’hui, être ouvrier est devenu secondaire et ce sont des avocats, des médecins ou des enseignants qui parleront pour eux avec leur aisance. Aujourd’hui, avec les transformations du monde ouvrier, les nouvelles générations et les précaires ne trouvent plus leur place... »
Que faire ? « Ce n’est pas à moi de le dire », répond le sociologue.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 20.06.2011