Les projets ne manquent pas pour ce village de 80 habitants du canton de Quingey qui s’est retrouvé trois mois sans maire. Réunion, ce soir, du nouveau conseil municipal...

Au pied de la côte du Montou qui surplombe la vallée de la Loue, en aval de Quingey, Mesmay, 80 habitants, est resté trois mois sans maire. Les démissions, en juin, de Françoise Bondy, pour raisons personnelles, et du premier adjoint, Guy Faillenet, combinées à un poste vacant, ont entraîné une élection partielle les 27 septembre et 4 octobre. Mais personne, dans le nouveau conseil, ne voulait être maire. Une délégation préfectorale a rencontré l’équipe, la veille de la réunion du conseil : « On voulait faire un travail collégial, sans maire. Ils nous ont dit qu’on n’avait pas le choix, qu’il fallait un maire sinon la commune serait mise en sommeil », dit Jean-Louis Pogliano, deuxième adjoint sortant. « Le lendemain, j’ai demandé ’’qui veut la place ?’’... Personne... J’ai dit alors : j’y vais ».
Pour Geneviève Boley, ancienne adjointe, toujours au conseil, le geste est « courageux car être élu est surtout une source d’emmerdes ». Jean-Louis opine : « Entre toutes ces réunions et les gens qui t’appellent chez toi le week-end pour un papier... Bon, il fallait un maire pour donner l’aval de la commune à l’agrandissement de l’école. On est en RPI à dix communes sur trois sites, on aimerait regrouper les cinq classes à Chay. Sans maire, on bloquait tout ! »
Comme il y a une quinzaine d’enfants à Mesmay, on comprend que l’école soit une préoccupation : « le village ne demande qu’à vivre ! »
Il y a aussi à mener à bien la rénovation du logement communal à l’abandon depuis six ans : « ça ferait une recette ». Les travaux devraient se faire en même temps que la remise aux normes énergie et accessibilité d’une mairie plutôt vétuste. « C’est encore six mois de travail administratif, des appels d’offre », dit le nouveau maire.

Après quoi, il y aura à faire un assainissement collectif : « On n’est pas obligé vu la taille de la commune, mais on a un souci écologiste. On veut mettre une plantation de roseaux entre le village et la Loue ». Ce sera en effet plus propre que le rejet de l’égout à la rivière. Ce sera aussi cohérent avec la transformation, il y a peu, d’une friche communale en parcelles de 150 m2 louées un euro par mois comme jardins aux habitants avec une condition : pas de produits phytosanitaires ! Et en phase avec l’altermarché qui se tient depuis trois ans, chaque premier vendredi, de mai à octobre.
Ce n’est donc pas faute de projet ou de vie locale si l’engagement public a tant fait hésiter. Une lettre des élus aux habitants donne une petite idée de leur état d’esprit : « En cas d’insultes et de menaces, il y aura plainte. Tous les habitants sont respectables malgré les désaccords. Le débat est encouragé dans le calme et la constructivité », y est-il indiqué. « On a la chance d’avoir un conseil où on travaille ensemble, et on aimerait que les gens du village s’impliquent dans les commissions ouvertes », dit Jean-Louis Pogliano, qui a apprécié le geste d’Yves Petetin, maire de Pessans, à 3 km : « Il m’a appelé pour me proposer un coup de main ».
Les adjoints sont Philippe Escot et Jean-Emmanuel Groetz.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 29.10.2009