Les camarades d’Olivier Besancenot tirent la leçon de l’échec des discussions avec le Front de gauche : ils font leur propre « liste ouverte pour une gauche anticapitaliste et écologiste ».

BESANÇON._ C’est avec un « regret profond et sincère » que le NPA a pris acte de l’échec des discussions avec le Front de gauche (PCF-PG). Il ira donc seul aux urnes. Avec pour tête de liste régionale Laurence Lyonnais, 31 ans, agent de développement à la communauté de communes Frasne-Drugeon (Haut-Doubs), il tentera de rééditer ses 6,5% de l’élection européenne de juin dernier. C’était plus que les 4,3% du Front de gauche avec qui l’alliance aurait pu, arithmétiquement, prétendre à un résultat incontournable dans la perspective d’une fusion de second tour avec « la liste de gauche arrivée en tête, à l’exclusion du Modem ».
Politiquement, l’attelage était plus hasardeux. Le PCF a séché plusieurs réunions et l’accord ne s’est finalement pas fait avec le PG : « Nous étions prêts à soutenir une majorité de gestion avec le PS moyennant la reprise de quelques points de notre programme », explique Laurence Lyonnais. Parlant d’« occasion ratée » et de « division provisoire » elle estime que « l’accord national entre PCF et PG » aura été plus fort que la dynamique locale. A posteriori, la revendication de la tête de liste par le PG, qui l’a abandonnée au PCF, n’était « pas un point de blocage ».
Reprenant le credo national consistant à être « les porte-parole de ceux qui subissent la crise », à critiquer le « lourd bilan de Sarkozy pour les salariés, le droit à l’IVG ou le recul des libertés », le NPA comtois défendra cinq priorités dont la plus emblématique est « l’ambition de la gratuité des transports en commun ». Dans un premier temps pour les chômeurs et les précaires, pour tous au terme du mandat. Les anticapitalistes veulent aussi supprimer les subventions aux entreprises qui licencient et à l’école privée, lutter contre la précarité des emplois au conseil régional.
Que pensent-ils de l’indemnisation du chômage partiel pour laquelle la Franche-Comté est pionnière, avec un accord entre Région, État, syndicats et patrons ? « C’est positif, on s’en réjouit, mais il y a un problème : ce n’est ni transparent ni lisible. La contribution de l’État et des collectivités est trop importante, ça devrait être financé par les entreprises ».
À quelle condition le NPA fusionnerait avec les autres listes de gauche ? « On dira au PS qu’on mettra tout notre poids pour battre la droite. Pour un accord de gestion, il faudrait être plus près des 10%. C’est plus réaliste de demander une représentation proportionnelle de nos électeurs ».
Les têtes de listes départementales sont pour le Doubs : François Portal, 28 ans, salarié précaire, ex-tête de liste LCR aux municipales à Besançon. Jura : Aline Carton, 55 ans, institutrice en retraite, syndicaliste, ancienne adjointe au maire de Villeneuve-sous-Pymont. Haute-Saône : Rachel Choix, 43 ans, artisane d’art, créatrice de vêtements. Territoire de Belfort : Claude Paufert, 48 ans, intérimaire, ancien permanent syndical cheminot, ex-MDC. Les listes complètes devraient être présentées le 13 février.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 28.01.2010