daniel bordur - journaliste

Le Grand Besançon adopte une stratégie économique


À l’issue d’un débat nourri, le conseil d’agglo a validé jeudi soir la stratégie de développement économique 2010-2015 présentée par le vice-président Jean-Pierre Martin (Nancray). Elle s’appuie sur « l’éclairage extérieur » du troisième cabinet d’audit mondial, le Britannique Ernst et Young. Elle s’intègre dans les orientations économique et touristique régionales, d’aménagement et d’urbanisme (SCOT), et du plan climat-énergie territorial. Il s’agit de se positionner dans la « concurrence entre les territoires », d’anticiper l’arrivée de la LGV, de prévenir les « nouvelles attentes des chefs d’entreprises »...

Un « plan d’actions »

L’audit conforte la certitude que les atouts sont bel et bien la qualité de la vie, la « compétence et la fiabilité de la main-d’oeuvre », les microtechniques, les entreprises et laboratoires de pointe... Il lui resterait à se « diversifier en captant de nouvelles activités et de nouveaux marchés dans la santé, le temps fréquence, l’optique, le luxe... » Et donc « renforcer son image et sa notoriété auprès des décideurs économiques et devenir une terre d’accueil et de développement ».

Un « plan d’actions » en découle : veille partagée sur 150 entreprises importantes, plan commun de prospection avec les autres collectivités, cellule recrutement, numérique à très haut débit, journées énergie environnement, soutien à l’enseignement supérieur, la formation et la recherche...

Benoît Cypriani (Besançon, EEV) regrette que le plan climat, l’Agenda 21 ou le SCOT ne soient « que cités alors qu’ils devraient être l’armature du développement économique ». La directrice du service éco de la CAGB, Dominique Buccellato, assure que ces documents « ont servi de cadre » au projet. Jean-Louis Fousseret tranche : « Faites un groupe de travail ». Il s’énerve quand Joëlle Schirrer (Besançon, PS) compare avec Dijon qui a réservé 400 ha au développement économique : « Ras le bol d’entendre que c’est toujours mieux ailleurs, on ne mesure pas le développement en hectares, mais en emplois ». Édouard Sassard (Besançon, UMP) propose un plan transversal jeunes en réponse au risque de reprise d’artisans cédant par des entreprises nationales. « Faisons un salon de la reprise », dit Fousseret.

Quand Philippe Gonon (Besançon, Modem) suggère de « tabler sur la production et la transformation », et de doubler l’investissement économique de la CAGB, Fousseret le traite de « démagogue » pour réclamer en même temps des baisses d’impôts. « Vous me faites penser aux musiciens du Titanic, il n’y a pas de fausse note, mais le bateau coule », dit Jean Rosselot (Besançon, UMP) pour qui la stratégie manque d’ambition. « Vous dîtes toujours la même chose », rétorque Fousseret. Rosselot sera le seul à voter contre.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 18.12.2010

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