daniel bordur - journaliste

La diplomatie par l’eau

Le soutien bisontin à la rénovation du réseau d’eau du camp palestinien d’Aqabat Jabr sera poursuivi par une aide à l’assainissement.


L’eau, c’est la vie, mais c’est aussi une arme. Les conflits entre l’amont et l’aval sont historiques. L’un d’eux donna lieu à un procès gagné en 1902 par les habitants de Nans-sous-Sainte-Anne qui contestaient la canalisation de la source du Lison par un industriel. Leur victoire fut confirmée par l’adoption, en 1906, d’une proposition du député radical du Doubs Charles Bauquier, ce fut la première loi de protection de l’environnement.

Dans l’Orient compliqué, les barrages sur l’Euphrate ont généré des litiges entre la Turquie, la Syrie et l’Irak. Dans les territoires palestiniens, l’accès à l’eau est fortement conditionné par l’état des relations avec Israël. C’est sur le camp de réfugiés d’Aqabat Jabr de Cisjordanie que Besançon participe, depuis 2004, à une discrète action visant à contribuer à rénover le réseau d’eau desservant 6.000 à 7.000 habitants.

Alimenté par trois ressources, dont deux transitent par Israël, ce réseau était en piteux état, avec 40 % de pertes. Trois tranches de travaux sont programmées par l’Autorité palestinienne pour un million de dollars (725.000 EUR). Besançon a mis 100.000 EUR dans la première qui doit s’achever l’an prochain. « Le réseau principal est fait, restent les réseaux secondaires et les branchements individuels sur lesquels il y a encore des pertes », explique Christophe Lime. Mais on n’a pas pu travailler sur la pollution aux pesticides utilisés par l’agriculture de la colonie voisine.

Liberté, égalité, fraternité

L’adjoint était dans la délégation d’élus, conduite par Jean-Louis Fousseret, qui a passé deux jours en Cisjornanie et un jour en Israël du 11 au 13 octobre. Outre un contrôle douanier d’une heure et demi, le maire est revenu ébranlé de ce voyage au programme duquel figurait la visite d’une école « hand in hand » (main dans la main) à Hadera, la ville israélienne avec qui le jumelage devrait être « relancé ». Enfants israéliens et palestiniens y étudient ensemble, en hébreu et en arabe, l’école est parrainée par Besançon. L’adjointe Fanny Gerdil-Djaouat a été impressionnée par le directeur indiquant travailler dans l’optique « liberté, égalité, fraternité ». « Voir les gamins jouer ensemble, c’est peut-être là qu’est l’espoir », dit Jean-Louis Fousseret.

Cependant, la grande politique et la diplomatie des états n’ont pas permis une coopération à trois : Besançon, Aqabat Jabr et Hadera... On en reste aux petits pas : la jumelle suisse, Neuchâtel, s’est ainsi associée au programme sur l’eau.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 28.10.2010

Textes et images © Jurandoubs | mentions légales | Site réalisé avec SPIP par Lionel Volta.