Les voeux de la directrice de l’ARS de Franche-Comté ont été présentés aux responsables de structures de soins à la... Chambre de commerce et d’industrie.
Tout un symbole ! C’est à la Chambre de commerce et d’industrie de Besançon, plus précisément à la Maison de l’économie, que s’est tenue la première cérémonie des voeux de l’Agence régionale de santé. Sa directrice Sylvie Mansion a en effet annoncé des économies, résumées dans la formule « pour tous un accès aux soins de qualité à un coût soutenable ».
Elle portera ainsi cette année « une attention particulière au déficit, passé de près de 10 millions en 2009 à près de 20 millions en 2010 ». Ce déficit est essentiellement « lié aux déficits des établissements hospitaliers jurassiens qui subissent une forte chute d’activité ». Le sénateur Gilbert Barbier (UMP) évoque-t-il la « fuite des patients de Dole vers Dijon, Lons vers Bourg et Saint-Claude vers Oyonnax », Mme Mansion répond qu’il n’est « pas question de fermer des hôpitaux jurassiens, mais de les restructurer, d’organiser l’offre et la gradation des soins, les besoins étant sur les maladies chroniques et la gériatrie ».
Après l’installation de quinze commissions et conférences spécialisées depuis sa création en avril 2010, l’agence va poursuivre la mise en place de ses structures (ER du 10 décembre), la prochaine étant la conférence des territoires, le 8 février, à Lons-le-Saunier.
L’exercice des vœux, qui doit être renouvelé, consiste aussi à éclairer « l’utilisation des ressources ». Sylvie Mansion a mis l’accent sur la régionalisation de l’enveloppe pour les handicapés, la qualité dans les établissements médico-sociaux, l’amélioration des pratiques professionnelles, le développement de la télémédecine, l’expérimentation du dossier médical personnel, la concertation pluridisciplinaire pour le schéma d’offre de soins, les seize maisons de santé en projet... Les orientations 2012-2016 seront présentées en mars.
Un échange a suivi avec le parterre de responsables d’établissements et d’associations de santé et de soins dépendant financièrement de l’ARS. Denis Walzer, délégué interrégional de la Fédération hospitalière de France, estime « suicidaire » la « prévision pour 2013 d’une baisse du recours aux soins hospitaliers, déjà plus faible en Franche-Comté qu’en France : si l’activité baisse, c’est en lien avec la démographie médicale ». Sylvie Mansion invoque le « président de la République : la feuille de route des ARS est claire, il faut réduire le déficit à zéro ». Elle table sur le « développement de la chirurgie ambulatoire » prescrit par le ministre Xavier Bertrand, sur le « désengorgement des urgences hospitalières », ce qui pose la sempiternelle question de « l’organisation de la médecine de ville ».
Au nom du Centre régional des professions de santé, Philippe Clerc souligne que la région a « 40% de spécialistes de moins qu’en France. Il faut des gens pour faire fonctionner les maisons de santé : avez-vous prévu des contrats d’engagement avec la faculté ? » La directrice en annonce six et assure que « le CHU est en capacité d’irriguer l’ensemble des établissements de Franche-Comté ». Elle dit que l’Institut régional du cancer doit être un « groupement de coopération sanitaire » plus qu’une structure « centralisée sur Besançon : ce sont les médecins qui doivent se déplacer, pas les patients ».
Une psychiatre dit avoir « désespérément attendu » que la directrice parle de sa spécialité, en crise depuis des années. Elle évoque le vide juridique, après censure du Conseil constitutionnel, du projet de loi qui devait instaurer « les prises en charge ambulatoires sans consentement » sur décision du préfet. L’ARS est sur le sujet « incapable de répondre ».
Il est vrai que certains sont tentés de pousser la maladie mentale vers le pénal...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 29.01.2011