L’EAU du robinet coûtera moins cher en 2012 pour les 5.300 abonnés raccordés aux 152 km de tuyaux du SIAC, le syndicat intercommunal d’Auxon-Châtillon (1). Composé de délégués des conseils municipaux, son comité a choisi, jeudi, de se séparer de son opérateur historique, la SAUR (ex Bouygues, aujourd’hui Caisse des Dépôts, Axa, Séché, Cube), pour lui préférer Véolia (ex-Générale des Eaux puis Vivendi) qui prendra les clés de la ferme du Marot, entre Geneuille et Devecey, le 1er janvier prochain pour douze ans.
Véolia encaissera 781.500 EUR par an. Ses propositions étaient plus intéressantes que l’actuel contrat et ses deux concurrents, SAUR et Gaz-et-Eaux. Le nouveau délégataire percevra 15 EUR/an et 0,20 EUR/m3 pour l’assainissement (au lieu de 30 EUR et 0,50 EUR/m3), 33,14 EUR/an et 0,71 EUR/m3 pour la distribution (au lieu de 17 EUR/an et 0,33 EUR/m3). Restera à fixer la part à payer au SIAC qui aura à financer l’assainissement de la future ZAC de la gare TGV. Une nouvelle station d’épuration est envisagée qui devrait entraîner un avenant au nouveau contrat de délégation. Aujourd’hui, le prix de l’eau, tout compris, dont 0,43 EUR de redevances « pollution » et « modernisation » dues à l’Agence de l’eau, s’élève à 3,93 EUR/m3. Il se rapprochera du tarif bisontin de 2,53 EUR/m3. Pour une famille consommant 120 m3 par an, la baisse devrait être de l’ordre de 150 EUR par an.
Pourquoi de telles différences entre les offres ? A la SAUR, on ne fait aucun commentaire et l’on se retranche derrière le fait qu’on n’a « pas reçu de notification officielle » du changement. « On savait, dès le lancement des consultations, que la tendance était à la baisse des prix », dit Gérard Mallet, le président du SIAC, d’autant que, les fois précédentes, « il n’y avait pas eu de concurrence acharnée ». Il évoque aussi les « circonstances particulières » et un possible « effet TGV ».
Ne craint-il pas que les prix baissent au détriment du service ? « On a travaillé sur le dossier depuis juillet, on s’est fait remettre deux fois des copies qu’on a amendées à chaque fois. On était intéressé par le bon équilibre prix-services ».
Pascale Ceccaldi, directrice de la communication de Véolia-Centre-Est, parle d’innovations à base de nouvelles technologies : « Télérelevés depuis le domicile, alerte par internet ou sms, prototypes de capteurs détecteurs d’odeur... »
Le retour de certaines collectivités à la gestion de l’eau en régie directe a-t-elle exacerbé la concurrence ? Pas impossible. Pascale Ceccaldi s’en défend : « La loi oblige à se poser la question de la régie ou de la délégation de service public... » Au SIAC, explique Gérard Mallet, « on a évoqué cette hypothèse qui a été chiffrée par la Direction départementale des territoires avec un prix inférieur de 5 % à ce que faisait la SAUR, cela ne nous a pas incités à y aller, d’autant qu’on a la taille critique pour des investissements à faire, que c’est lourd en personnel... »
Comme la loi l’y oblige, Véolia reprendra les sept emplois non cadres qui, à la SAUR, gèrent le réseau.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 21.09.2011
(1) Le SIAC comprend dix communes pour plus de 13 000 habitants : les deux Auxon, École-Valentin, Miserey-Salines, Tallenay, Châtillon-le-Duc, Devecey, Chevroz, Geneuille, Cussey-sur-l’Ognon. Il vend de l’eau à Bonnay, Bussières, Etuz et Boulot.