daniel bordur - journaliste

Le spécialiste azéri de Victor Hugo au CLA

Asker Zeynalov enseigne la littérature française des 17, 18 et 19es siècles à Bakou. Il a passé le mois d’août 2007 au centre de linguistique appliquée.


« La bouche ne sert pas seulement pour manger, mais aussi pour parler. Mais comment parler ? C’est le problème principal ». Ainsi devise Asker Zeynalov à propos de Victor Hugo dont il aime citer les aphorismes. Ce monsieur de 55 ans en costume strict enseigne la littérature française des 17, 18 et 19e siècles à l’université de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, où vécut le grand joueur d’échecs Gary Kasparov.

Entre mer Caspienne et Caucase, cette ancienne république soviétique est peuplée de 8 millions d’habitants. Produisant un million de barils de pétrole par jour, le pays est traversé par un oléoduc géant et a signé un contrat mirifique avec BP. L’anglais y est désormais la première langue étrangère et le français a supplanté le russe...

« Le plus heureux des hommes »

Asker Zeynalov a fait sa thèse sur les influences orientales de Voltaire, mais Victor Hugo est son écrivain préféré. Aussi, quand il a débarqué le 4 août dernier à Besançon, avec ses collègues Elmina Askarova et Anar Hadjiyev, pour suivre un stage au CLA, il s’est senti « le plus heureux des hommes ». Cela faisait 35 ans qu’il attendait ce voyage dans « la patrie de Victor Hugo ». Et c’est avec un plaisir visible qu’il annonce s’être fait photographier à côté de la statue de l’écrivain.

Auteur de livres sur Hugo, il a traduit ses poèmes, rédigé la préface de la version azéri des Misérables... Ayant publié une dizaine d’ouvrages et 250 articles, le professeur Zeynalov est membre de l’Union des écrivains et de l’Union des journalistes de son pays. Il fait également autorité dans les cercles universitaires et francophiles de Moscou ou d’Iran. Outre l’auteur du Dernier jour d’un condamné, il a travaillé sur Alexandre Dumas, George Sand, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant...

De Voltaire, il apprécie les fables tragiques. Non dénué de sens de l’humour, il lui a écrit à Ferney-Voltaire, près de Genève... Mais toujours il retourne à Hugo : « Je connais Byron, Goethe, Skakespeare, mais il n’y a qu’un Victor Hugo... » Il attend avec une certaine fierté le 16 août et la réception des stagiaires du CLA à l’hôtel de ville pour remettre au maire un exemplaire de ses ouvrages.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 11.08.2007

Textes et images © Jurandoubs | mentions légales | Site réalisé avec SPIP par Lionel Volta.