daniel bordur - journaliste

Vive l’alpage !


Ce n’est pas que du folklore pour touristes ! La descente d’alpage, ce 25 août 2002 à 14 h, à la Seigne, aux Hôpitaux-Vieux, se fait certes dans la joie d’un marché artisanal, d’animations musicales et de bruits de sabots de chevaux comtois aux Hôpitaux-Neufs (dès 9 h 30).

Mais, elle a aussi lieu alors que les alpages du versant français du massif jurassien perdent une centaine de bêtes par an depuis plus d’une décade, au point de n’en accueillir désormais que moins de 5.000. Les éleveurs suisses, qui avaient pris l’habitude d’y faire monter leurs bêtes, se désengagent peu à peu.

Chez les Français, la tendance est davantage à laisser païtre les ruminants dans le bas des combes et des vallées (avec un peu d’engrais), plutôt que sur les cimes. Alors, voir un paysan fièrement revendiquer l’usage des hautes et biologiquement riches prairies, cela force le respect et suggère une réflexion.

En faisant monter des animaux l’été, outre économiser l’herbe du bas et le foin de l’hiver, il entretient un paysage ouvert où alternent bois et prés. Or, seul ce paysage permet la cohabitation de l’agriculture, de l’exploitation forestière et des sports de plein air : randonnée, VTT ou ski. Et donc fait vivre un secteur touristique créateur d’emplois.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 25.08.2002

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