daniel bordur - journaliste

Ridicule


Les alentours du musée des beaux-arts de Besançon étaient en état de siège, hier soir pour le lancement du sommet étudiant. Beaucoup l’ont constaté à la vue de la vingtaine de cars de police stationnés devant le conservatoire et les rues voisines, et des CRS déployés place de la Révolution.

S’agissait-il de « montrer sa force pour ne pas avoir à s’en servir », comme nous l’a expliqué la directrice départementale de la sécurité publique ? Quelle menace pesait donc sur la cérémonie du musée ? Aucune, à l’évidence, de la part des artistes, sportifs et spectateurs du Street Tour, manifestation à la gloire du basket de rue et hip-hop qui se tenait à 15 mètres. On espère qu’ils n’ont pas pris pour eux le déploiement de forces de l’ordre qui pouvait passer pour une provocation gratuite, ce qu’a d’ailleurs estimé le président de l’université. Le maire de Besançon a même ironisé en osant un parallèle avec mai 68.

Il n’y avait pas non plus grande menace de la part des 60 à 80 manifestants (moins que les policiers !) dénonçant sur le pont Battant, à 200 m de là, le bradage de l’université au grand capital.

On se demande toujours comment, en haut lieu, on pouvait imaginer, faute de bien connaître le terreau bisontin, un scénario de guérilla urbaine. Sauf à le vouloir, au risque du ridicule absolu.

Daniel Bordur / L’est Républicain 29 04 2011

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