daniel bordur - journaliste

Révolution dans le maquis


Tout arrive, même le vent nouveau chez les post-trotskistes du NPA, le nouveau parti anticapitaliste cher à Olivier Besancenot. Son ancêtre, la LCR cultivait la paranoïa, un peu comme LO avec son fondateur-donateur-gourou Hardy dont on n’a appris la mort que plus d’un an après. À la LCR donc, on utilisait des pseudos. Non pas pour imiter les écrivains ou les journalistes, mais pour jouer à la clandestinité révolutionnaire. La LCR était d’ailleurs échaudée, son aïeule, la ligue communiste, ayant été dissoute en 1973 après quelques échauffourées encagoulées avec l’extrême droite.

Le NPA a donc fait des progrès : on y dit son prénom mais pas encore son nom, seulement son initiale...

Ancien du PCF, puis de la dissidente Fédération démocratique de Franche-Comté, le Mortuacien Claude Faivre s’est trouvé une nouvelle jeunesse militante au NPA. Il a commencé par y sentir ce « petit frisson de révolution », cette odeur de « maquis » venant de cette initiale désignant ses camarades. Mais il a vite trouvé l’affaire absurde et s’en explique dans la feuille bimestrielle du NPA comtois : ne s’agit-il pas de « nous égarer nous-mêmes pour mieux dérouter les RG », ironise-t-il ? Car enfin, un militant distribuant des tracts à visage découvert, peut-il rester sans nom auprès de ses amis ? Persuadé que « l’autogestion et les commissaires politiques sont incompatibles », Claude Faivre estime impossible de convaincre « en se cachant ». Il exhorte ses camarades à « ouvrir portes et fenêtres, se coltiner la réalité, non pour s’y résigner mais pour la comprendre et la transformer, en somme faire de la politique ».

C’est la révolution au NPA !

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 30.09.2010

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