La situation du logement est sensible à plusieurs titres. Une source de la dette publique est la socialisation des dettes privées, nées des cessations de paiement de crédits immobiliers toxiques fourgués par des banquiers sans scrupule à des rêveurs insolvables.
Les invraisemblables coûts du neuf, dopés aux niches fiscales, gonflent toujours les dettes privées et freinent l’accès des classes moyennes à la propriété. La taxe de 2 % décidée l’an dernier par le gouvernement sur les organismes HLM étrangle leurs marges de manoeuvres et leur ôte toute visibilité comptable, les modalités de calcul n’étant pas encore connues pour 2011 ! « On nous taxe sur l’argent qu’on n’a plus, qu’on avait mis de côté pour la rénovation urbaine de Clairs-Soleils et Planoise », dit Sylvie Foucher, directrice générale de Grand-Besançon-Habitat.
« Le coût de la vie augmente, les aides au logement baissent : tout concourt à ce que la situation soit plus difficile », dit Jean-Luc Labourey, directeur général d’Habitat 25.
Mercredi, 70 locataires d’Habitat 25 réunis par la CNL à Planoise ont décidé de porter leur revendication d’effacement d’une dette directement au délégué du préfet lors d’une manifestation le 3 décembre. Habitat 25 avait oublié de refacturer en 2009 une note d’énergie de 350 000 euros aux locataires.
Le rappel, 230 euros en moyenne, est insupportable pour beaucoup, même si le bailleur en a pris 10 % pour lui. Cette manifestation « nous aide, l’État se désengage beaucoup du logement social et de la réhabilitation », dit Jean-Luc Labourey.
« Ce n’est pas aux locataires de payer la crise », dit Alain Genot, de la CNL en donnant un exemple extrême : plus de 100 euros à payer pour un revenu de 411 euros...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 25.11.2011