daniel bordur - journaliste

Paysages paysans


C’est entendu, Besançon est une ville de montagne. Vous souriez ? Elle répond pourtant au critère nécessaire : un point culminant à plus de 600 m d’altitude, le fort de la Dame Blanche étant à 619 m.

Besançon n’a cependant pas d’alpage sur son territoire, ni les communes voisines. Cela n’empêche pas le centre-ville d’accueillir aujourd’hui à 14 h 30 une descente d’alpage ! Une quinzaine de montbéliardes du canton de Montbenoît arriveront en bétaillère du Saugeais. Puis, décorées, fleuries, bichonnées, elles défileront entre Granvelle et la place de la Révolution, accompagnées d’éleveurs en habits d’armailli, le fameux costume de fête des paysans de montagne.

Sans vouloir être rabat-joie, parler de descente d’alpage nous paraît exagéré. La vraie descente d’alpage a généralement lieu plus tard dans la saison, quand il n’y a plus d’herbe à manger sur les pâturages d’estive. Ensuite parce que les pâturages du Haut-Doubs reçoivent chaque année moins de bêtes depuis bien deux décennies, lesquelles sont le plus souvent suisses. Mais Berne a récemment diminué les aides à la mise à l’estive...

On peut entendre le désir du syndicat Jeunes Agriculteurs de proposer un joyeux moment de folklore aux gens de la ville. De la même manière que la traditionnelle descente d’alpage des Hôpitaux-Neufs a lieu avant le départ des touristes...

Espérons alors que l’événement joigne l’utile à l’agréable. En permettant d’évoquer le risque que les paysages du Mont d’Or ou du Risoux se referment, grignotés par la forêt faute d’être broutés par les ruminants. Et du coup voir se rétrécir les terrains d’aventure des skieurs de fond, des randonneurs et des vététistes...

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 01.09.2007

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