Dans le concert de louanges ayant salué L’Apprenti, le film de Samuel Collardey, quelques couacs sont arrivés à nos oreilles.
L’image de l’agriculture serait écornée, disent certains en moquant l’abord de la ferme ou l’état des vaches de Paul Barbier. Elles ne concourent pas dans les comices. Et alors ? Tous les éleveurs ne sont pas tenus d’être dingues de génétique !
Il y a aussi le cure-étable. Présent ici et là, cet appareil transportant le fumier de l’étable à l’extérieur ferait mauvais effet. On veut bien, mais alors il faut expliquer au nom de quoi ce serait moins bien qu’une fosse à lisier, surtout si elle déborde sur la neige...
On a aussi entendu que l’accent des acteurs ferait du tort au Haut-Doubs. Sourions...
Que pensent les paysans du film ? Qu’ils nous l’écrivent ! En attendant, Jean-Claude Jeannin, le président de la FDSEA, a adoré. Il a aimé la passion des personnages, ce fils disant à sa mère qu’il ne veut pas faire le même boulot qu’elle, mais « un métier qui lui plaît », paysan ! Il a souri de cet ado qui « casse » auprès de ses copains un maître de stage davantage porté sur la qualité de vie que sur les prouesses technologiques : « ils font tous ça... »
Comme lui, on a aimé la vérité humaine que le film a su montrer. Loin de la propagande ou d’une « image » trop lisse.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 19.12.2008