La lettre est sur le site de Musique de rue depuis plusieurs jours. Chaque mot est pesé. On sent que ses auteurs, Pascal Esseau et François-Xavier Ruan, qui ont dirigé le festival écarté, ont voulu éviter tout dérapage. Ils assurent ne pas être « revanchards », d’ailleurs, ils ont « rebondi ». Et s’ils laissent planer une amertume, ils n’en revendiquent pas le monopole : « Nous ne sommes malheureusement pas les premiers à quitter Besançon sur un sentiment d’inachevé et de gâchis ».
Cette lettre est une lettre ouverte, donc publique, à Yves-Michel Dahoui, l’ambitieux adjoint à la culture. En faisant la critique de Sonorama à qui ils souhaitent « la pérennisation qui nous semble nécessaire au développement culturel de cette ville », Esseau et Ruan décrivent ce qui est à leurs yeux l’échec de l’adjoint à qui ils prêtent l’intention de « s’imposer comme LE patron en écartant les fortes têtes trop pleines de conviction ». La charge est rude, documentée, argumentée. Elle se conclut comme elle commence, par une demande de démission : « Laissez votre place à plus averti ».
Averti de quoi ? De culture ou de politique ? Dahoui l’est assurément des deux. Sans doute doit-il améliorer sa méthode. Et retenir les leçons : on n’est pas chef contre l’orchestre, mais avec lui...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 26.10.2009