Louis Nicollin ne s’en cache pas, sa communication c’est le sport, notamment le football. Il a transformé un club corpo d’éboueurs en une équipe professionnelle, à Montpellier, qui est allée jusqu’à gagner la coupe de France en 1990.
Cet homme qui se vante de n’avoir jamais lu un roman et raté trois fois le bac, qui parle dans un micro comme on déconne grassement entre potes de bistrot, a réussi en même temps dans le traitement des déchets. Mais seulement sur le plan économique, parce que sur le plan environnemental, c’est moins glorieux, comme on a pu le voir à Corcelles-Ferrières.
Fort de ces succès économiques, nonobstant quelques condamnations pour corruption d’élus ou abus de biens sociaux, Louis Nicollin a fait partie des généreux donateurs du club de foot de Besançon, le sympathique BRC qu’il a contribué à maintenir en vie. Cela s’est réalisé par l’entremise de Charles Girardot qui dirigea le centre d’enfouissement technique de Corcelles-Ferrières, et reste dirigeant de foot, au club et à la Ligue.
On sait évidemment gré à Louis Nicollin d’avoir donné 50 000 euros au BRC il y a quelques années. Mais ces quelques billets ne lui ont pas coûté bien cher parce qu’ils venaient de la poche du contribuable du Grand Besançon. En faisant finalement jouer la concurrence pour gérer le centre de tri des déchets, bientôt confié à une régie publique après avoir été attribué des années à Nicollin (en alliance avec Derichebourg), le Sybert a fait une économie annuelle de l’ordre de 300 000 à 400 000 euros...
Vous doutiez-vous qu’après avoir raisonnablement subventionné le foot avec vos impôts locaux, vous recommenciez sans le savoir en jetant vos détritus ?
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 09.06.2011