daniel bordur - journaliste

Le fourrage manque dans le Doubs

La sécheresse a affecté certains secteurs où la récolte de foin est parfois 30 % inférieure à la normale. La profession pourrait demander un classement en « calamités » à l’Etat.


La conjonction d’un hiver tardif, d’une rapide fonte des neiges et d’un printemps peu humide est à l’origine du déficit hydrique qui a limité les rendements de la première coupe de foin. Les zones aux sols superficiels ou sablo-limoneux sont notamment concernées dans les cantons de Clerval, l’Isle-sur-le-Doubs, Quingey, Boussières, Rougemont, Pont-de-Roide.

Les secteurs de sols légers superficiels des plateaux moyens ont aussi été touchés vers Amancey, Vercel, Pierrefontaine, Belleherbe ou Saint-Hippolyte, avec une diminution de la première coupe de foin de 10 à 40 %. Daniel Prieur, le président de la Chambre d’agriculture, n’hésite pas à parler de « terres arides » entre Sancey et Saint-Hippolyte. La très sèche fin d’août a aggravé la situation, entraînant une difficile repousse d’herbe, voire des prairies grillées.

La situation est globalement correcte en plaine et dans les basses vallées, notamment grâce à une série pluvio-orageuse. En montagne et sur les plateaux supérieurs, les faibles rendements des tardives premières coupes, ont été compensés par des bonnes secondes coupes, hormis quelques communes du secteur de Levier et des zones exposées à la bise.

En revanche, les plateaux moyens, et notamment les secteurs de Belleherbe, Terres-de-Chaux, Blamont, Rougemont sont dans une situation de tel déficit fourrager que de nombreux agriculteurs ont commencé à donner au bétail du foin prévu pour l’hiver. « On manque de fourrage dans une ferme sur deux ; par endroits ; tous les agriculteurs sont touchés », explique Pierre Boireau, chef du service développement à la Chambre d’agriculture dont un rapport souligne la fragilité fourragère des « systèmes intensifs avec beaucoup d’élevage ».

Après une première visite de terrain, une commission professionnelle ad hoc doit en effectuer une seconde cette semaine. Histoire de vérifier si une demande de classement en calamités, avec les aides associées, est « jouable ». Pour l’heure, on a constaté une diminution de l’ordre de 10 % de la production de lait depuis la mi-août, la qualité n’étant pas affectée.

Aujourd’hui, se tient à Terres-de-Claux une réunion technique à l’intention des agriculteurs concernés. On y abordera aussi les solutions pour pallier au manque de fourrage. A court terme, avec des achats de paille et foin champenois ou des ventes d’animaux. A moyen terme avec la piste de cultiver davantage de luzerne, plus nourrissante. Reste que les rendements de luzerne ont aussi chuté...

Ces questions seront à coup sûr abordées jeudi lors de la session plénière de la Chambre d’agriculture. Dans un contexte très dur pour les prix du lait standard et des céréales dont les bons rendements de cette année pourraient être gommés par des cours à la baisse du fait d’une reconstitution des stocks mondiaux.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 08.09.2009

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