daniel bordur - journaliste

Finir en chansons ?


Certes, les manifestants de ce 28 octobre étaient moins nombreux que les fois précédentes à Besançon (5.000 selon notre décompte, 3.600 selon la police, 7.000 selon les syndicats). Mais à entendre les chants, à voir les sourires, on pouvait en être certain : il n’y a pas de résignation, mais comme une certitude tranquille de gagner un jour prochain. Comme si le mouvement social, moqué par Sarkozy pour qui il était devenu invisible, avait redressé la tête.

On n’hésite plus à chanter la vieille Internationale qui fait fureur jusque dans les rangs CFDT, désertés le temps des vacances par ses bobos. A l’unisson des salariés CGT, aussi nombreux que la dernière fois, ils entonnent avec eux le chant de lutte des sidérurgistes lorrains des années 80, le Chiffon rouge (« le monde sera ce que tu le feras/Plein d’amour de justice et de joie »). Au moment de la dispersion, ils sont nombreux à rester place de la Révolution, pour encore crier leur colère dans les sonos ou refaire le monde en terrasses. Les Solidaires improvisent une AG musicale où l’analyse est ponctuée de slogans slamés : « On lâche rien ! On ne négocie pas la régression sociale, on la combat... »

Il paraît qu’en France, tout finit par des chansons. Vous avez dit « finit » ?

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 29.10.2010

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