« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille... » Ce bon mot de Jacques Chirac s’applique aussi aux personnes les plus fragiles. Prenons l’exemple de cette grand-mère de Planoise, seule avec 400 EUR de RSA dans le T3 qu’elle occupe depuis 30 ans.
Pour survivre, elle dépense le minimum. Son abonnement EDF « première nécessité » de 3 kW est à 22 EUR. Elle laisse aussi des dettes qui la rattrapent. 1.400 EUR d’impayés de loyers ont généré une aide publique. 259 EUR d’impayés d’électricité ont entraîné une augmentation du versement mensuel à 30 EUR. C’était hors procédure d’apurement et le courant a été coupé début mai, opération facturée 120 EUR. Il est rétabli après intervention d’un service social, mais le fonds de solidarité énergie ne joue pas car le loyer est trop élevé : il reste 230 EUR après l’APL. D’où une nouvelle menace de coupure pour lundi, dont le Réseau Stop aux expulsions a obtenu la suspension en accompagnant la dame chez EDF à la place des services sociaux...
Les emmerdes volent en escadrille. Et la misère fond sur les pauvres gens, aurait ajouté Coluche...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.06.2010