daniel bordur - journaliste

Contre-courant


À contre-courant du vote interne national en faveur de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, la fédération de Haute-Saône du PCF a placé Emmanuel Dang Tran très largement en tête. Secrétaire de la section de Paris, ce dernier a récolté 4 % au niveau national, mais 65 % en Haute-Saône, seul département de France où il pulvérise la majorité absolue.

Jean-Luc Mélenchon, qui cartonne dans le Doubs (76 %), le Jura (70 %) et le Territoire de Belfort (65 %) réalise un petit 15,5 % en Haute-Saône, derrière André Chassaigne (19,5 %) qui défendait une candidature communiste dans le cadre de la stratégie du Front de gauche.

Le Vésulien Frédéric Bernabé, secrétaire de la fédération haut-saônoise, avait signé avec Emmanuel Dang Tran un texte déclarant vouloir « sortir du débat faussé des présidentielles et libérer le PCF du carcan du Front de gauche ». Après le scrutin de samedi, dont il « doute de la sincérité », il ne cache pas se poser la question de « rester dans un parti qui abandonne ses fondamentaux les uns après les autres ».

Considérant Mélenchon comme un « démagogue » pour qui il ne votera ni ne fera campagne, Bernabé avait cependant conduit aux régionales de l’an dernier la liste départementale du Front de Gauche où il craint aujourd’hui que disparaisse le PCF.

Quoi qu’il en soit, s’il quitte son parti, il rejoindra l’innombrable confrérie de ses anciens adhérents. Les occasions de divorce n’ont pas manqué depuis les procès de Moscou, les révoltes matées de Budapest et Varsovie, l’écrasement du Printemps de Prague. Sans doute ne faut-il pas louper l’excellent prétexte de la prise de distance d’un PCF quasi moribond avec le sectarisme...

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 20.06.2011

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