Dès 2003, les responsables du futur parc naturel de Ljubljana, capitale de la Slovénie, preainent des idées dans le Haut-Doubs...
Aux portes de l’Union européenne qu’elle doit intégrer en mai prochain, la Slovénie a un point commun avec le massif jurassien : la géologie karstique. Dans sa verte plaine centrale, cernée par les montagnes, coule une rivière aux résurgences multiples, la Ljubljanica. Elle doit son nom à la capitale Ljubljana qu’elle traverse avant de se jeter dans la Sava...
Au sud de la ville, une zone humide s’étend sur 15.000 hectares de prairies inondables et de marais. Il est question d’en faire un parc naturel. Trois protagonistes du projet sont cette semaine en France pour voir comment l’on y aborde la question.
Ils ont été invités par Francis Muller, directeur du pôle national tourbières dont le siège est à Besançon. Il leur a montré des zones humides en Lorraine et prévoit de les emmener en région Centre. Mardi, il leur a fait visiter la maison de la réserve du lac de Remoray, à Labergement-Sainte-Marie.
En compagnie des scientifiques de la communauté de communes Frasne-Drugeon et de son vice-président aux espaces naturels Christian Bouday, ce petit monde a ensuite découvert des bribes de la vallée du Drugeon, site Natura 2000 figurant à l’inventaire mondial des zones humides (convention de Ramsar). Une visite en Slovénie est annoncée pour cet automne et l’on songe à un jumelage entre les deux zones humides.
« Notre marais est culturellement riche, a des agriculteurs, des activités... », explique Barbara Zupanc, du département économie et tourisme de Ljubljana. Chargée de coordonner la création du parc naturel, elle s’est intéressée à la façon dont la population a été impliquée dans la reconquête environnementale du Drugeon, dans la gestion des inévitables conflits.
Ses deux compatriotes, Katia Poboljsaj et Mladen Kotarac sont biologistes. Travaillant au centre de cartographie de la faune et de la flore, ils expliquent que la zone humide de Ljubljana est en cours d’inscription dans le réseau Natura 2000. Outre des échanges scientifiques portant sur les habitats des espèces vivant sur les zones humides, ils ont pris note des questions administratives et techniques. Histoire de voir comment, loin de chez eux, on a monté un parc ou une réserve...
En Slovénie, ils auront à gérer au moins une espèce inconnue sur les reliefs du Jura : les ours.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 10.07.2003