Une première décision autorisait le repli de la course par une zone de protection du grand tétras...
On pensait l’affaire entendue jeudi soir. La Transjurassienne allait passer au beau milieu d’une zone sous arrêté de protection de biotope du grand tétras après la publication d’un arrêté préfectoral vers 19 h. C’était sans compter la ténacité du Groupe tétras Jura, prêt à l’attaquer devant la justice administrative. D’autres associations auraient fait de même. Il y a aussi eu l’intervention des élus Europe-Ecologie Les Verts du conseil régional, aussi bien auprès du préfet de région que de la ministre de l’Ecologie.
Un nouvel arrêté, pris hier en début de soirée par la préfète du Jura, Joelle Le Mouel, a sensiblement modifié celui qu’elle avait pris la veille. Ce nouveau texte reprend les mesures de protection du précédent. Surtout, il leur donne de la crédibilité en s’appuyant sur un nouveau tracé épargnant le coeur de la zone de protection du grand tétras. La course traverse toujours le périmètre de l’arrêté de biotope, mais elle emprunte des pistes de ski de fond pré-existantes, autorisées de longue date. Elle abandonne surtout la partie d’itinéraire sauvage créée de toutes pièces en pleine forêt du Massacre, au nord de la combe à la Chèvre.
On en est arrivé là après une journée marathon, hier à la préfecture de Lons-le-Saunier. Deux réunions présidées par la préfète ont permis de rapprocher les points de vue des organisateurs de la Transjurassienne et du Groupe tétras Jura. « On était parti sur une piste qui n’était pas la bonne car ne recueillant pas l’accord de tous, on a dû retravailler », reconnaît Joelle Le Mouel. Alexandra Depraz, la chargée de mission du Groupe tétras, ne cache pas sa satisfaction. On ne respecte pas seulement l’arrêté de biotope, mais aussi l’emblématique oiseau : « Le grand tétras est capable de s’adapter, il crée une zone tampon entre lui et les pistes ».
Les organisateurs, secoués par une « rumeur » d’annulation hier matin parlent de « légère modification du parcours » et sont soulagés d’avoir « trouvé une solution qui puisse satisfaire tout le monde ». Le site internet de la course fait état sur sa page d’accueil de l’interdiction du public d’accéder entre la croisée Sire de Baume et la croisée des Logettes.
Tout est donc bien qui finit bien, mais, assure l’élu EELV Marc Borneck, « on n’aurait jamais dû en arriver là ». Il entend désormais poser à nouveau le « débat sur la neige artificielle ». Reste un acquis : on va désormais anticiper un peu plus : une réunion se tient mardi à la préfecture du Jura pour préparer la Transju 2012 !
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.02.2011