Réunions, film, site internet... « Expliquer » le tram en octobre va précéder l’enquête publique en décembre.
Ce ne sont pas du sang et des larmes que promet Jean-Louis Fousseret, mais on n’en est pas loin. Les travaux du tram ne sont pas la guerre, mais il y aura des tranchées et des positions à tenir. Ce n’est pas la guerre, mais le président de l’agglo s’attend à des turbulences. « Il y aura des difficultés, des gênes, ça ne va pas être facile. Qu’on ne vienne pas me reprocher plus tard de ne pas l’avoir dit », prévient-il. Les maires d’Angers et d’Amiens ont déjà donné avec leurs trams. Ils l’ont prévenu. Ils viendront le répéter aux représentants de la société civile.
Fousseret a prévu un exercice qu’il affectionne particulièrement : « Aller à la rencontre des habitants parce qu’il faut tout simplement aller expliquer ». Il tiendra neuf réunions publiques, sept dans la ville, deux en périphérie. Il jubile d’avance d’y tordre le cou aux « choses inexactes » qu’il a vues, lues, entendues... Les polémistes sont prévenus. Un référendum ? Il balaie l’idée : le tram était dans ses programmes électoraux de 2001 et 2008, l’agglo en a approuvé le principe en 2005, a voté le projet en juin dernier à une large majorité. Il veut surtout penser à l’après : « Préparer l’agglo aux enjeux de demain, être courageux, se projeter dans les déplacements dans 15 ou 20 ans : peut-on accepter de voir les populations de voitures continuer à augmenter ? »
Pourquoi l’enquête publique sur le tracé ne démarrera-t-elle qu’en décembre, à une période où les préoccupations seront à la fête ? « L’enquête durera un mois et demi. C’est le président du tribunal administratif qui décide les dates, j’ai demandé à ce que ça aille le plus vite possible. Pour qu’elle démarre, il fallait l’accord de la commission nationale des sites classés que nous avons eu jeudi à midi. Dès que le préfet aura eu le compte rendu de la commission, il lancera le processus... »
Et si la déclaration d’utilité publique qui suivra l’enquête est attaquée en justice ? « Il y a toujours des aléas, mais il faudrait des raisons sacrément sérieuses pour arrêter les travaux ».
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 09.10.2010