daniel bordur - journaliste

Renaissance du Drugeon : suivez le guide

Pourquoi et comment la rivière a retrouvé une nouvelle jeunesse ? Jean-Noël Resch, hydrobiologiste l’explique.


Il faut avoir une fois entendu Jean-Noël Resch parler du Drugeon. Hydrobiologiste employé par le syndicat mixte de la vallée du Drugeon et du plateau de Frasne, ce jeune scientifique alsacien n’a pas son pareil pour rendre intelligible au commun des mortels ce qui fait la vie d’un cours d’eau. Ça tombe bien, il guidera ce samedi (juin 2002) une visite destinée à montrer au grand public comment et pourquoi le Drugeon a retrouvé une nouvelle vie en retrouvant la langueur de la plupart ses méandres grâce à un ambitieux programme de réhabilitation.

Il parlera de « l’importance des branches de saule traïnant dans l’eau, ce sont de superbes caches à poissons. Or, sans cache, il n’y a pas d’habitat ». Il montrera le secteur de la Combe Levier, entre Bonnevaux et Vaux-et-Chantegrue, qui a bénéficié de la première tranche de travaux, en 1997 : « C’est là qu’on voit l’évolution, où la rivière a eu le plus de temps pour se rééquilibrer ».

Déplacer une digue

Jean-Noël Resch expliquera que les méandres recréés participent à la prévention des dégâts des crues. Il ne s’agit pas de les empêcher, mais de les contenir grâce aux marais « qui sont nos bassins de rétention ». En fait, ajoutera-t-il sans qu’on l’interroge, « la nappe phréatique est alimentée par le marais en période d’étiage, et par les crues à la fonte des neiges ».

Conséquence : « on cherche à augmenter les inondations dans les marais, pas dans les villages ! Ainsi, cet été, on va déplacer la digue qui protège Bannans (inondée en 1990 et 1999) pour élargir le lit majeur et la zone inondable des marais. C’est mieux que rehausser la digue, ce qui ne protégerait pas le moulin ».

La méthode de l’IPGN !

L’hydrobiologiste pourra aussi dire deux ou trois choses sur les méthodes permettant de juger la qualité d’une eau. Comme l’IPGN, l’indice biologique global normalisé. Mis en place par le Franc-Comtois Jean Verneaux, l’IPGN est une standardisation des prélèvements en différents endroits d’un cours d’eau. On trie et on compte les petites (vraiment petites) bêtes, plus ou moins sensibles aux polluants, qui s’y trouvent : « en fonction de celles qu’on trouve, de leur forme, de leur nombre, on donne une note de pollution organique ».

Le Drugeon a obtenu 19 sur 20 entre Bonnevaux et Bouverans : « c’est fabuleux, il n’avait que 13 ou 14 avant la réhabilitation », s’enthousiasme Jean-Noël Resch. Une joie qui laisse vite place à un souci : toutes ces bonnes nouvelles ne sont pas suffisamment partagées : « ça ne se voit ni de la route, ni des touristes ». Il faut donc COM-MU-NI-QUER ! Faire des sentiers pédagogiques. Ou participer au Printemps de l’Environnement en invitant les curieux et amoureux de la nature à entendre, deux heures et demi durant (et plus si affinités), raconter comment et pourquoi le Drugeon a retrouvé une nouvelle jeunesse.

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 07.06.2002

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