La direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) a demandé à la fromagerie Perrin, de Cléron, de lui communiquer un rapport sur l’incident ayant provoqué un rejet de mousses organiques dans la Loue dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation, le délai est de quinze jours. Mais « compte tenu du contexte » entourant la Loue, ce délai a été ramené à 48 heures par l’administration.
La société a d’ailleurs envoyé un premier « rapport de crise », hier. Elle devra également fournir une étude d’impact du rejet et indiquer quelles mesures correctives elle entend mettre en œuvre. « Nous allons analyser ces documents avec la direction départementale des territoires (DDT) pour voir si on valide ou non ce rapport », explique François Vedeau, directeur-adjoint de la DDCSPP. « On veut savoir s’il y a eu des changements par rapport aux prescriptions de l’arrêté d’autorisation », dit Huguette Thien-Aubert, responsable du pôle protection des populations qui a repris les attributions des anciens services vétérinaires.
Cet arrêté a été révisé en mars pour une extension du plan d’épandage des boues. La station d’épuration d’où est venu le problème a une capacité de traitement de 17.000 équivalents habitants et produit 1.500 t de boues par an.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 26.08.2010
Le président du conseil général, Claude Jeannerot, annonce qu’il se réserve le droit d’éventuelles poursuites juridiques.
Jean-Luc Perrin, le directeur technique de la fromagerie de Cléron, a répondu, hier par mail, à des questions que nous lui avons transmises mardi. « Nous estimons ce jour que 100 m3 de mousses semblent très exagérés, compte tenu des constats et photos réalisés. Nous attendons des expertises pour nous aider à sécuriser ce sujet ». Reste que plus loin, il reprend l’hypothèse : « Il convient d’estimer 100 m3 de mousse dont 5 m3 se seraient déversées dans le ruisseau ».
Il affirme surtout qu’il ne faut pas comparer mousses et effluents : « Les mousses sont produites par un phénomène d’oxygénation » et « contiennent une très faible teneur de matière en suspension ». Par conséquent, il considère « faux » le calcul conduisant à 37,5 m3 de mousses déversées. Il propose « 10 kg de matière sèche par m3 pour obtenir une estimation proche ».
À propos de la composition des effluents traités, il exclut le lactosérum, « récupéré à 100 % pour être acheminé vers l’industrie de la poudre ou les porcheries ». Quant à la caséine, ce serait une perte qu’il s’agit d’« éviter ». Enfin, la société indique économiser l’eau et consommer « 60 % des normes de la profession ».
Sur le délai de prévenance, M. Perrin assure avoir « cherché à joindre l’inspection des établissements classés vendredi 20 », tentative dont la DDCSPP n’a pas la trace. Reste qu’après 16 h 30, son standard a quelques ratés...