Promeneurs, pêcheurs, chiens... peuvent déranger sans le vouloir les oiseaux qui nichent quelques semaines sur les zones humides.
Guettant l’éventuel rongeur qui constituerait son déjeuner, un busard cendré vole en rase-mottes au dessus d’une prairie proche du stade d’Houtaud. Plus loin, vers l’usine d’incinération des ordures de Pontarlier, deux cerfs-volants animent dans la bise un morceau de ciel. A l’opposé, au delà du chemin non goudronné, vers l’intérieur du marais de la plaine de l’Arlier et du Drugeon, les silhouettes d’un homme et d’un chien...
Michel Sauret et Geneviève Magnon grimacent. L’homme et le chien ne le savent sans doute pas, mais ils sont à l’intérieur du périmètre Natura 2000. Dans un secteur où des myriades d’oiseaux migrateurs et passereaux nichent au sol entre mars et début juillet. Il y a là des bécassines des marais et des vanneaux, des courlis cendrés et des marouettes, des râles des genêts... Les effectifs de certains sont en diminution.
« Les oiseaux arrivent en cette saison. S’ils sont dérangés par des chiens ou des promeneurs, ils iront s’installer ailleurs. Et si des œufs sont déjà pondus, ils peuvent abandonner leur nid », explique Michel Sauret, technicien zones humides à la communauté de communes Frasne-Drugeon (CFD). « Les migrateurs ont fait un long voyage et ont besoin de repos. S’ils sont dérangés, ils perdent beaucoup d’énergie », ajoute Geneviève Magnon, chargée de mission de la CFD.
En fait, aucun panneau ne prévient le public du risque encouru par la faune si l’on s’éloigne des chemins. Un arrêté préfectoral de protection du biotope est attendu depuis plusieurs années. Sa publication faciliterait l’installation de panneaux, assurent les deux techniciens.
En attendant, ils recommandent quelques précautions. Il vaut mieux contrôler son chien et éviter de traverser les sites possibles de nidification, facilement reconnaissables. Ce sont en général les zones de touradons ou moutus. Le courlis y aménage simplement une petite dépression, les passereaux peuvent se faufiler sous les herbes.
En revanche, les oiseaux ne s’installent pas sur les exploitations agricoles, les pâturages ou les prairies de fauche. Là, ce n’est plus la protection de la faune qui joue, mais le droit de propriété ! Des dispositions dont n’ont cure les prédateurs naturels des petits migrateurs que sont renards, rapaces ou corvidés...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 05.04.2003