Le marais de la Tanche sera classé non constructible d’ici deux ans, lors de la transformation du plan d’occupation des sols en plan local de l’urbanisme. Des riverains craignent son extension.
Annie Genevard, le maire de Morteau, l’a indiqué lundi aux riverains qu’elle a reçus durant une heure : le marais de la Tanche sera classé non constructible lors de la prochaine révision du POS, le plan d’occupation des sols. Cela se passera « dans les deux ans » à l’occasion de la transformation du POS en PLU, plan local de l’urbanisme, nous a confirmés hier Mme Genevard. Elle ajoute que depuis l’adoption de la loi sur l’eau de 1992, « on ne pouvait déjà plus construire ». Morteau rejoindra la commune des Fins qui a déjà classé non constructible sa part de marais, en rive gauche du ruisseau de la Tanche.
Inquiets des travaux de « nivellement » de l’entreprise Ruggeri qu’ils voient plutôt comme du « remblaiement », plusieurs riverains du marais ont constitué un collectif. Ils ont distribué un tract dans le quartier, saisi l’association Commission de protection des eaux ainsi que la police de l’eau et prévu une réunion publique le 22 juin. La rencontre de lundi avec le maire et plusieurs élus les a donc rassurés sur le futur classement. Annie Genevard est de son côté satisfaite que le collectif ne « demande pas le démantèlement des remblais existants », explique Nathalie Francesconi. Cela serait d’ailleurs assez compliqué puisque la principale zone commerciale de l’agglomération est là...
Montrées lors de la réunion de lundi, des photos aériennes de 2001 et 2007 indiquent, selon Mme Genevard, « un recul du remblai et un accroissement de la végétation ». Reste que les remblais dénoncés par les riverains datent de quelques semaines... « Il faudrait une photo plus récente », conviennent les uns et les autres. Mickael Prochaska, le chef de l’ONEMA, l’office national de l’eau et des milieux aquatiques qui exerce une mission de police de l’eau, a réalisé des photos sur place en avril. « Il y avait un remblai nouveau sur l’ancien, il s’est passé des choses depuis ».
De nouveaux clichés, ces prochains jours, devraient permettre de « déterminer si le remblai a avancé ». Et dans quelles proportions.
Le collectif demande également la réhabilitation des méandres du ruisseau, des aménagements pédagogiques comme un ou deux pontons d’observation, la remise en état d’une écluse permettant le maintien des eaux en cas de crue. Annie Genevard estime « l’exploitation pédagogique possible », mais veut « creuser le sujet » des méandres car le marais fournit actuellement du « fourrage de qualité » à un agriculteur. « Ce n’est fauché que tous les deux ou trois ans », assure Nathalie Francesconi pour qui l’argument n’est pas un obstacle.
Les échanges vont se poursuivre d’ici peu sur le terrain : « J’organiserai un rendez-vous avec les riverains et l’entreprise », dit Annie Genevard.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 11.06.2009