Les maires de Quingey, Lombard et Byans-sur-Doubs, à 20 km au sud de Besançon, ont signé le 13 mai 2011 une promesse de bail pour huit éoliennes.
Le projet, étudié depuis plus d’un an, a déjà été approuvé par les trois conseils municipaux (unanimité à Lombard, majorité à Byans et Quingey) et les deux communautés de communes. Il prévoit la construction en forêts communales de huit éoliennes de 125 à 150 m de haut et 2,5 mégawatts chacune, sur la crête de Moimi qui sépare les vallées du Doubs et de la Loue, et culmine à 525 m d’altitude. Situé à plus de 600 m des premières habitations, le parc éolien serait raccordé au poste de RTE (Réseau de transport d’électricité) de Saint-Vit par une ligne souterraine de 20 000 volts. L’investissement serait de 30 millions d’euros, les retombées fiscales locales de 100 000 euros par an.
La promesse de bail a été signée au bénéfice d’Opale, jeune société spécialisée en énergies renouvelables basée à Fontain. Charge à celle-ci d’étudier la faisabilité et le montage du projet, ce qu’elle a déjà fait avec une cinquantaine de collectivités locales.
D’ici fin juin, elle déposera à la préfecture un dossier de demande de création de ZDE (zone de développement éolien), puis implantera un mât de mesure au sommet de la crête, sur le territoire de Lombard, histoire de « vérifier la direction précise des vents », explique Sébastien Jeangirard, directeur du développement.
Diverses études suivront (environnement, faune, oiseaux, contraintes aéronautiques, touristiques, etc.) Une enquête publique pour installation classée pour la protection de l’environnement est nécessaire, avant autorisation d’exploitation préfectorale et permis de construire.
Ces longues procédures devraient permettre la consultation des habitants, explique Jacques Breuil, le maire de Quingey. Dans un communiqué commun avec ses collègues de Byans, Didier Paineau, et Lombard, Daniel Poulet, il explique que ce « projet de long terme est décisif pour notre avenir ». Les trois élus argumentent sur « l’énergie indépendante, sécurisée, propre et renouvelable » à l’heure où « l’actualité montre les limites et les risques du tout nucléaire ». Selon Sébastien Jeangirard, le guide régional d’aide à l’implantation de parcs éoliens, édité par la préfecture en 2008, est caduc. Estimant que la « capacité d’accueil du paysage vis-à-vis des éoliennes de grande taille » est « faible » sur ce secteur, comme sur le Lomont, ce document devrait être remplacé par un schéma régional éolien qui doit voir le jour d’ici la fin de l’année.
La crête de Moimi est également contiguë au site Natura 2000 vallée de la Loue.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 14.05.2011
Crêt Monniot : le tribunal administratif conforte le préfet dans son refus
L’association Protection des Sommets du Haut-Doubs s’est réjouie du rejet par le tribunal administratif de Besançon, de la requête de la société Eole-Rès, qui avait contesté le refus du préfet Jacques Barthélémy de lui accorder un permis de construire des éoliennes sur le Crêt Monniot en 2007. Le tribunal a notamment considéré le « caractère naturel » du site et la proximité (5 km) de la vallée de la Loue et des gorges de Nouailles, deux sites protégés. Il a noté que les éoliennes auraient été visibles des belvédères de Hautepierre, du Moine et de Renédale, d’où l’on voit également les falaises des gorges de Nouailles. Le projet aurait bel et bien « porté atteinte à des paysages naturels ainsi qu’au caractère et à l’intérêt des lieux avoisinants ». S’appuyant sur ces arguments, le préfet n’a pas commis « d’erreur d’appréciation ».