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Le plan Loue est-il crédible ?

« La sécheresse ; les pollutions humaines répétées, diffuses, anciennes ; le karst ». Telles sont, selon le président du conseil général du Doubs, Claude Jeannerot, les trois causes de la situation actuelle de la Loue.


Comme on ne peut ni faire pleuvoir ni changer la géologie, on ne peut agir que sur les pollutions humaines. C’est le sens des annonces faites vendredi au Conseil général, mais seront-elles appliquées ou iront-elles rejoindre la longue liste des voeux pieux ?

Les responsables assurent que si l’on n’avait rien fait jusque-là, ce serait pire. N’auraient-ils alors été que des syndics de faillite environnementale, qui écopaient quand il aurait fallu changer de barque et apprendre à nager ?

On a beau avoir dépensé « plus de 40 millions d’euros depuis 2005 pour l’assainissement », cela signifie que ce qui a été fait depuis des décennies n’était à l’évidence pas suffisant. D’ailleurs, rien n’a été annoncé vendredi pour régler le « point noir des déversoirs d’orage », déplore Michel Lassus, le président de la Commission de protection des eaux. Les eaux usées continueront en maints villages à être entraînées dans le milieu par les fortes pluies.

Révisions déchirantes

Le président de la Chambre d’agriculture, Daniel Prieur, refuse de mettre dans le même sac-poubelle les paysans qui se sont mis aux normes et les rares qui remplissent les dolines de lisier ou l’épandent n’importe comment. Reste qu’être aux normes, c’est avoir dépensé beaucoup d’argent, notamment public, pour stocker le lisier au point d’en faire un système aussi pervers qu’en Bretagne. Le comble, c’est qu’on cherche à l’éviter aujourd’hui en revenant, en partie, au compost de fumier qui n’est rien sans savoir agronomique. En attendant, l’aide du Conseil général pour couvrir les fosses à lisier sera bienvenue, mais la mesure était prévue avant la crise.

Quant à la révision annoncée des plans d’épandages de lisier dans les prés, Michel Lassus estime que des « mesures coercitives » auraient constitué une « véritable avancée ». Sur ce point, la balle est -toujours- dans le camp de l’État dont c’est une responsabilité.

Comment le militant associatif voit-il les engagements de la Chambre de commerce et d’industrie à recenser les polluants et identifier leur origine ? Là aussi, il craint « une charte non contraignante » pétrie de bonnes intentions. D’ailleurs, François Mazière, le directeur général de la CCI, ne pointe-t-il pas la limite de l’intention en signalant que certaines entreprises devront être aidées car leur situation économique ne leur permettra pas d’assumer les coûts de dépollution ?

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 13.06.2010


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