daniel bordur - journaliste

L’environnement d’avant le Grenelle

Le 4e forum du développement durable de Besançon a été l’occasion, en février 2009, d’un bilan de l’Agenda 21 local. Avec Allain Bougrain-Dubourg pour rameuter le public.


Tenant une conférence de presse juste avant le forum, Jean-Louis Fousseret ne cache pas sa fierté que Besançon ait été pionnière, en 2006, en se dotant d’un Agenda 21, parallèle à la charte de l’environnement de l’agglo. Il s’agit d’un programme de 150 actions dont 118 sont portées par la seule ville. Réduction des gaz à effet de serre, préservation des ressources naturelle et valorisation des ressources locales, actions solidaires ont avancé à des rythmes divers.

Certaines ont abouti comme le plan de déplacements, Vélocité, le bois local pour la chaufferie de Planoise, l’abandon du désherbage chimique par le service des espaces verts, le pain bio dans les cantines. D’autres sont en cours, comme la réhabilitation de la friche de Deluz, la rédaction d’un règlement de voirie pour limiter l’extraction de granulats pour les chantiers publics, les 52,5 km de sentiers balisés, le projet de création d’un service de conseil en orientation énergétique aux communes.

Certains n’ont pas commencé, pour cause de manque de financement, de longue préparation ou de complexité. Par exemple l’observatoire régional de l’énergie, l’éco-quartier « à venir », les plans de lutte contre le bruit, obligatoires à partir de 2012... On a différé des pistes (salon international du développement durable), suspendu un projet d’échanges techniques et culturels avec Hadera (Israël) « en lien avec la situation politique »...

Nouvelle étape

La liste n’est pas close. Elle témoigne d’une convergence entre socialistes et verts, ces derniers revendiquant l’initiative tout en ayant les yeux tournés vers une nouvelle étape : « Beaucoup a été fait, mais c’est très peu par rapport à ce qui est nécessaire », explique l’adjoint Benoît Cypriani. Il souhaite un « nouvel Agenda 21, plus ambitieux sur l’énergie, la ville n’en consomme que 2% de ce qui est consommé sur son territoire ». Il veut aller au-delà des réalisations et projets portés par les collectivités : « Beaucoup de produits phytosanitaires sont utilisés par la population qu’il faut mettre en mouvement afin que ce qui a été fait sur les terrains communaux le soit aussi dans les jardins privés ».

Fousseret compte sur l’effet entraînant, « exemplaire » de la ville et de l’agglo. Reste que les institutions ont aussi un pouvoir réglementaire. C’est le cas en matière d’urbanisme. Par exemple pour que l’agriculture ait réellement sa place en zone périurbaine afin que l’objectif affiché de se fournir localement ait une chance de se réaliser. « Le recensement des surfaces agricoles pour des productions maraîchères ou des petits élevages est en cours, de même que celui des paysans qui partiront en retraite dans les 10 ans », dit François Lopez, vice-président de la CAGB. Chez lui, à Grandfontaine, « le plan local d’urbanisme (PLU) en cours d’instruction ne permettra pas l’extension des zones constructibles au-delà de ce qui existait en 1974 ». Fousseret estime qu’on peut encore installer des maraîchers à Port-Douvot ou Chalezeule...

Allain Bougrain-Dubourg se veut « grave » car Besançon a « pris le risque de l’état des lieux : votre démarche est remarquable. Ce qui se passe ici n’est pas seulement intéressant pour la région, mais pour la France et au delà ». Il émet un bémol : il faudrait faire davantage pour la biodiversité : « C’est l’avenir de l’homme. 40% des services mondiaux sont rendus par la nature... »

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 07.02.2009

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