Cinq associations portent plainte contre X avec constitution de partie civile, demandent l’interdiction de la baignade et proposent un plan d’action.

Des plaintes de quelques particuliers s’ajoutent à celles notamment déposées auprès du parquet par la Commission de protection des eaux, Franche-Comté nature environnement (FCNE), Saône et Doubs vivants, Loue vive et l’association nationale pour la protection des eaux et des rivières-Truite, ombre, saumon. Haut-Doubs Écologie devrait faire de même, la fédération de pêche du Doubs prendra sa décision lors d’un prochain conseil d’administration. Un regroupement des pêcheurs hauts-saônois de la Loue est en cours, avec les mêmes visées...
On les comprend : « 60 à 80 % des poissons de toutes espèces sont touchés de la source à Quingey, mais aussi la microfaune du substrat, crustacés, insectes... qui nourrissent les poissons et participent à l’épuration ». Il n’y a pas d’étude sur l’aval de Quingey...
Donnant une conférence de presse hier à la Maison de l’environnement, les plaignants demandent au procureur des investigations pour savoir comment la situation de la rivière a pu se dégrader à ce point. Ils s’inscrivent en faux contre la préfecture qui a affirmé à la fois que l’eau était bonne et que sa consommation était interdite. « Le préfet veut protéger le tourisme, mais il est déjà atteint », affirme Marc Goux de Saône-Doubs vivants.
Personne n’est surpris qu’on en arrive là. « Cette situation apparaît comme le résultat de politiques aux effets convergents que nous dénonçons depuis des années », souligne la plainte de FCNE. En cause, l’assainissement inexistant, incomplet ou inefficace, les rejets domestiques, les épandages de lisier excessifs et/ou incontrôlés, les produits de traitement du bois, etc. « Le développement actuel des cyanobactéries trouve sa source dans la présence excessive de phosphore : phosphates des lessives et détergents, phosphates issus de la dégradation des effluents organiques domestiques et agricoles », mentionnent plusieurs plaintes.
L’intensification de l’agriculture, y compris en zone comté, est dénoncée. Elle se traduit par la présence de « 46.000 unités de gros bétail sur le bassin-versant de la Loue, soit l’équivalent de 670.000 habitants », assure Gilles Sené, le président de FCNE. Il estime que la pression est particulièrement élevée sur le deuxième plateau (Levier, Pontarlier) et le plateau d’Ornans-Amancey.
Certaines cyanobactéries étant neurotoxiques ou hépatotoxiques, elles « peuvent être à l’origine de pathologies humaines ». Et si un chevreuil en est mort, il faut « interdire la baignade », disent les associations en s’appuyant sur des recommandations de l’Afsaa et de l’Afset de 2006 : « Il est proposé provisoirement et comme mesure conservatoire d’interdire la baignade sans limiter les autres activités récréatives lorsque 100.000 cellules par millilitre de cyanobactéries sont dénombrées et lors de la présence d’écume... ».
On en a trouvé 205.000...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 09.06.2010
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