Ce 18 avril à Besançon, Philippe Moustache conduit son troupeau de chèvres débroussailleuses à travers la ville sur leur premier site d’estive de l’année. Le public est invité à les suivre jusqu’au fort de Planoise où de nombreuses animations sont programmées.

Philippe Moustache avait organisé les deux premières transhumances de son troupeau de chèvres quasiment en catimini. Le maire s’était invité à la troisième il y a un an. La quatrième, dimanche matin, est annoncée par la mairie avec tambours et trompettes. Sur le pâturage d’arrivée, au sommet de la colline de Planoise, de nombreuses animations sont prévues mais attention : « tout tourne autour de la réalité économique et pastorale, ce n’est pas du folklore », dit l’adjointe à l’environnement, Françoise Presse. Plusieurs ateliers et animations (traite, tonte, botanique, etc.) sont prévus et l’on pourra se restaurer.
Pour l’élue, la démonstration est faite que « Philippe Moustache et son troupeau font économiser des tonnes de CO2 dégagés par les engins mécaniques ». Les animaux vont même là où les moteurs ne s’aventurent pas. Au total, de Planoise à la Roche d’Or en passant par Chaudanne, Rosemont, Bregille et Chapelle des Buis, les chèvres pâturent sur 24,48 ha de terrains communaux, moyennant rémunération du berger. « Le troupeau mange 600 kg de matière végétale par jour, soit une centaine de tonnes sur les collines », estime Philippe Moustache.
Où en est-il depuis l’an dernier ? « J’ai évolué sur la maîtrise du troupeau, mises bas, élevage des petits et suivi sanitaire. Ma compagne a la fibre paysanne, la Ville a mis aux normes deux pièces de la ferme des Torcols pour que je sois là en cas de problème pendant l’hivernage... »

La soixantaine de biquettes auront cette année un nouveau bouc et ont d’ores et déjà de nouveaux amis : la mule Guiguite, l’âne Fripon, la chienne border-collie Bandana... Mais des six moutons, quatre ont été égorgés par des chiens errants au Rosemont... Depuis les débuts de l’ancien apiculteur, en 2004 avec deux chèvres et 80 euros en poche, le chemin parcouru est remarquable. Mais il aura été exigeant : « Quand on décide d’être éleveur, on fait une croix sur plein de choses, les vacances, des invitations... Mais il y a le plaisir d’être avec les chèvres. Je suis baba quand je les vois s’occuper de leurs petits, monter dans les arbres... ou ne pas arriver à en descendre ! Elles sont aussi querelleuses, capricieuses, hiérarchisées, paresseuses : elles mangent, ruminent, se reposent... Mes projets ? La production fromagère sera prête au printemps 2011 ».
Daniel BORDUR / L’Est Républicain 16 04 2010
Départ à 9 h 30 au 64, chemin de Valentin ; 10 h 05 sous le tunnel d’accès au parc des Glacis ; 10 h 30 place Jouffroy d’Abbans ; 11 h au champ du Taureau (sous le Rosemont), 12 heures au fort de Planoise.
Des poneys pourront prendre en charge les enfants sur le parcours. Des navettes sont organisées pour le retour.
Bien rester derrière le troupeau pendant la marche afin de ne pas perturber les animaux qui seront encadrés par les membres de l’association des bergers franco-suisse.
Le conservatoire régional des espaces naturels comtois évalue sur la durée l’impact du pâturage sur le milieu et la diversité de la flore.