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Des annonces pour sauver la Loue


« Cette réunion succède à beaucoup d’autres. La situation exige qu’on mette le turbo », a dit Claude Jeannerot en ouvrant la conférence de presse qui a suivi.

En arrivant, les journalistes croisaient les représentants de l’État qui partaient. Qu’ont-ils dit auparavant ? « Nous prenons des arrêtés, effectuons des analyses, prenons acte de vos initiatives », a rapporté le président du Conseil général, interrogé sur les raisons de ce départ. Un départ compréhensible, la préfecture n’ayant déjà pas répondu à nos demandes de précisions quant à son dernier communiqué.

Ce sont donc des initiatives locales qui ont été présentées, aussitôt après avoir été discutées. Le syndicat mixte de la Loue va démolir deux de ses 50 barrages (Rennes-sur-Loue et Chirac-Ornans). Il envisage d’inventorier toutes les zones humides du secteur en répondant à un appel à actions de l’Agence de l’eau. Il « renforcera son implication » dans la mise aux normes des bâtiments d’élevage et dans les plans d’épandages « du diagnostic à la synthèse », dit son président Maurice Demesmay. Il désignera un de ses membres pour coordonner ses actions avec la chambre d’agriculture.

Révision des plans d’épandage

Le président de cette dernière, Daniel Prieur, le dit d’emblée : « L’agriculture a sa part de responsabilité dans la situation avec 612 élevages dont 14 porcins ». Il annonce la révision des plans d’épandage « afin que ceux de l’automne n’entraînent pas de soucis au printemps ». Il annonce un document et des visites aux agriculteurs, un examen précis des « points noirs » que sont les versements d’effluents dans les dolines ou les fosses trop petites. La chambre embauchera un « monsieur Loue » avec des compétences en hydrogéologie ».

De son côté, la Chambre de commerce et d’industrie analysera toutes les données existantes sur les toxiques pour repérer, dit son directeur général, François Mazières, « les plus préoccupants et les zones les plus impactées, puis identifier les établissements qui en sont à l’origine sur le bassin-versant ». Ce dernier terme est important puisqu’il englobe le Doubs en amont du Saugeais.

portail internet

La Maison nationale de l’eau et de la pêche (MNEP), basée à Ornans, mettra ses compétences en éducation à l’environnement au service des populations et des touristes, ouvrira un portail internet d’information, démarchera à moyen terme les utilisateurs de produits phytosanitaires pour qu’ils diminuent, ou abandonnent, leurs pratiques.

La Ville de Besançon confirme diminuer ses prélèvements dans la Loue, installera une passe à poissons sur son barrage, organisera des visites. La fédération de pêche apportera ses compétences, mais déplore que l’État veuille lui facturer les interventions de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques. La Région entend « renforcer » la sensibilisation au non-usage des désherbants. Elle propose ses diagnostics-rejet aux entreprises, prévoit un inventaire pour les scieries : « Elles ont abandonné des produits mais utilisent d’autres aussi nocifs », dit le vice-président Eric Durand.

Claude Jeannerot entend que le département soit « fédérateur et chef d’orchestre de l’opération ». Il avait rendez-vous hier soir avec le préfet à qui il devait dire « souhaiter que le plan soit soutenu par l’État ».

Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 12.06.2010


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