Trente copropriétés se sont mises au compostage des déchets organiques en 2010 à Besançon. Plus de cinquante les imiteront en 2011.
Le Sybert [1] a aidé, cette année, l’achat de deux fois plus de composteurs individuels que l’an dernier. Il suit, depuis quelques mois, trente foyers vivant en appartement ayant choisi le lombricompostage. Son objectif, à brève échéance, est de permettre à chacun de pouvoir composter selon ses possibilités, notamment en habitat collectif.
En février prochain, un nouveau point d’apport volontaire entrera en service au Foyer de jeunes travailleurs de la Cassotte qui va disposer d’un composteur électromécanique expérimental. 300 à 500 familles des Chaprais sont potentiellement concernées. L’équipement s’ajoutera à celui déjà en activité à Battant dans un jardin partagé associatif. Après une trentaine cette année, cinquante copropriétés s’y mettront l’an prochain.
La marge de progression est énorme : il y a un millier de copropriétés sur Besançon. « On est au début du processus », dit Paul-Marie Guinchard, délégué régional de l’Ademe. « Dans ma copropriété, on est 58, on va s’y mettre, une dizaine de volontaires ont été identifiés, on paiera le gardien pour s’en occuper ».
Au 17, avenue Villarceau, on s’y est mis au printemps dernier. « On a lancé l’idée à deux après avoir vu un document sur le compost collectif », dit Cécile Thiriet. « Le jardin en usage partagé s’y prêtait bien, on a fait un apéro pour en parler avec les voisins... » Sandrine Renaud, chargée de prévention des déchets au Sybert, a accompagné ce petit monde avec des conseils et du matériel. Ils sont maintenant huit sur dix à apporter leur « bio-seau » d’épluchures au composteur situé sur une allée passante. Cécile Thiriet et sa voisine Karine Anguenot assurent le suivi, apprennent en avançant : « On a senti cet été, à l’odeur, qu’on n’avait pas assez remué, on a aussi compris qu’il fallait autant de broyat que de déchets... » Le broyat a d’abord été fourni par le Sybert, mais la copropriété songe à garder, à l’avenir, les restes de taille des arbustes...
Pour le Sybert, le coup suivant consistera à mettre dans le coup les résidences locatives, l’habitat social loge près d’un tiers des Bisontins. « L’intérêt premier était d’avoir des sites références », dit Marie-Odile Crabbe-Diawara, vice-présidente du Sybert. « Sur les grands collectifs, on va travailler avec les bailleurs sociaux. Il faudra d’abord identifier le coût des déchets résiduels (poubelle grise) par cage d’escaliers ». Ensuite, il faudra sans doute qu’un habitant impliqué entraîne ses voisins.
L’enjeu environnemental se double d’un enjeu social. « Il ne faudrait pas qu’il y ait transfert de charges sur les plus modestes », dit Éric Alauzet, le président du Sybert. Ne perdons pas de vue que le compostage est dopé par la future redevance au poids de la poubelle grise. En 2012 ou 2013, moins on la remplira, moins on paiera...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 02.12.2010
Réduire l’incinération
Compostage et recyclage visent à éviter les polluantes incinération et mise en décharge. Le Sybert (198 communes, 230.000 habitants) ne fait certes pas aussi bien que l’Autriche (plus de 70 % de compostage-recyclage), mais progresse avec environ 50 %. On a surtout diminué les ordures ménagères résiduelles (bac gris) de 3 % par an, et même de 5 % sur les dix derniers mois. Il veut maintenant les réduire de 8 % par an d’ici 2015 pour passer de 45.000 t incinérées à 30.000 t, la capacité du seul four qu’il souhaite conserver sur les deux qu’il gère. Il a, pour ce faire, d’autres pistes : faire passer la ressourcerie de 266 à 500 t (réparation et revente par TRI ou Emmaüs d’objets apportés dans les 18 déchetteries), faire passer la part du recyclage de 40 à 45 % du total des déchets. L’Ademe va y aider en apportant 1,2 million d’euros en cinq ans.
[1] syndicat intercommunal de Besançon et sa région pour le traitement des déchets