Une parcelle municipale de 30 ares est en cours de défrichement au pied du versant sud de la colline de Planoise. Première récolte prévue pour 2013, mais le vin ne sera pas vendu.
Si tout se passe comme prévu, la plantation de la vigne municipale de Port-Douvot aura lieu en avril 2010. La demande d’autorisation administrative, instruite par Agrimer, pourrait déboucher cet automne. Rien n’est encore formellement décidé, mais on songe à trois cépages : chardonnay pour le blanc, pinot et gamay pour le rouge. Le gamay était autrefois très répandu dans le vignoble bisontin qui atteignait 700 hectares en 1890, année où le phylloxéra le détruisit, comme une grande partie du vignoble régional.

Comme il faut 3 à 4 ans avant la première récolte, on n’attend pas de vinification avant 2013. Et sans doute pas de toast au côtes-de-besançon avant l’année suivante, voire plus tard. « On espère que le vin sera bon », sourit Linda Garcia qui fait partie de l’équipe de défricheurs de l’association Aquavert.
Car avant de planter, il aura fallu préparer la terre. Depuis le début de l’année, l’association s’y emploie sur une parcelle d’une trentaine d’ares colonisée par les prunelliers, les merisiers sauvages, les cornaillers et quelques autres essences arboricoles constitutives de taillis impénétrables. « On a défriché, puis une pelleteuse a retourné le terrain. On a ensuite ramassé les racines en surface, un engin a retourné les racines enfouies qu’on a également ramassées. Il y a même des restes de vigne sauvage », explique Xavier Perrin, l’encadrant technique de l’association.
Effectué sous un chaud soleil, ce travail de préparation n’est pas terminé. Il faut encore marquer des chemins d’accès, éclaircir les parcelles contiguës sur une dizaine de mètres pour un meilleur ensoleillement, restaurer ce qui reste des murs témoignant des anciennes activités agricoles... « On sait que notre boulot va servir à quelque chose, on a déjà travaillé aux sentiers du fort de Planoise », dit Grégory Rajaonah, collègue de Linda.
Outre les tâches de terrain, il y a le travail administratif, la conception d’un projet piloté par le service espaces verts et suivi de très près par le maire, Jean- Louis Fousseret. Le projet s’inscrit dans la valorisation des collines du Doubs qui devrait inclure un « verger solidaire géré par les familles », explique l’adjointe à l’environnement, Françoise Presse.
La vigne pourrait être le support d’animations et d’actions pédagogiques. Un vigneron devra être désigné, peut-être un employé municipal. La vinification devrait se faire dans la cave de la ferme de 7 hectares que la ville possède aux Torcols. Ce qui paraît certain, c’est que le projet est bien celui d’une « vigne culturelle », ce qui suppose que le vin ne pourra pas être vendu. Mais, comme l’indique un proche du maire, ce ne sont pas les pots qui manquent.
Pour porter le tout, une association devrait voir le jour le mois prochain. Gérard Tattu, ancien maire d’Avanne-Aveney et vigneron amateur, ex-mandataire financier de campagne électorale de Jean-Louis Fousseret, joue les con- seillers techniques. À la tête de 20 ares (pinot, chardonnay et savagnin), il a du savoir-faire. Là, il suggère qu’on broie les herbes qui ont repoussé sur la parcelle. Un des objectifs de la vigne municipale est de donner, à terme, un vin d’aussi bonne tenue.
Qui vivra boira.
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 02.09.2009