Environ 200 cyclistes ont manifesté le 14 mai 2011 dans les rues du centre-ville pour dénoncer un réseau "peu cohérent"
Environ 200 cyclistes ont manifesté, hier après-midi, dans les rues du centre, des Chaprais et du bas de Saint-Claude à l’appel de l’association Vélo Besançon « pour une vraie politique cyclable ». Quatre haltes avec prise de parole à la sono étaient prévues pour expliquer des réclamations précises afin d’améliorer un réseau jugé « peu cohérent » par endroits : accès vélo à la gare et aux trains, place sur les ponts de Beure et Canot...
« On est plutôt satisfait pour le centre-ville où la situation s’est apaisée avec les doubles-sens cyclistes », explique le secrétaire de l’association et porte-parole, Adrien Caillot. « Mais c’est difficile dès qu’on sort de la Boucle, des itinéraires s’interrompent dès que la Ville rencontre des difficultés demandant un financement. D’où un réseau en dentelle, pas jalonné, compliqué pour qui ne connaît pas la ville ».
L’association cible quelques points noirs, comme l’accès au CHU Minjoz et au pôle santé, que ce soit par la rue de Dole ou la rue Edison. On pourrait bien s’y rendre par Planoise d’autant que « le quartier est plat, mais il n’y a rien pour les vélos ». Pire, le nouveau pont sur le boulevard Allende, rejoignant la place Cassin au gymnase Diderot, « devait être réservé aux bus et aux vélos, or les voitures y passent : les cyclistes n’ont pas été pris en compte ».
Un autre point noir important est sur le bas de la rue de Belfort : à sens unique pour les voitures, elle est quasi impossible à remonter en deux-roues, sauf à circuler sur des trottoirs trop étroits : « On a des remarques de piétons, on veut des bandes cyclables pour ne pas les gêner ». Sûr qu’il faudrait alors empiéter sur la circulation motorisée, ce qui aurait pour conséquence de la ralentir. C’est ce qu’attend d’ailleurs l’association : « On veut des voies cyclables sur les grands axes, avec des secteurs de circulation automobile apaisée à 20, 30 ou 50 selon les endroits. On ne demande pas l’impossible, mais une ville agréable à tous », dit Adrien Caillot, lui-même « automobiliste de temps en temps ». Il songe ainsi à des parcs à vélos visibles immédiatement, devant les parcs à voitures.
Rencontré dans le cortège, Dimitri, coursier en vélo à Strasbourg, compare : « Ici, les pistes ne sont vraiment pas larges ». Jean-Marie, vieux routier des manifs à vélo, est là parce qu’il « faut toujours pousser pour que les progrès se fassent ». Antoine, 20 ans, assure : « Je voudrais montrer qu’on peut aller plus vite en vélo qu’en voiture... »
Dans la foule, un cri retentit : « Libérez les piétons enfermés dans les voitures ! » Un autre slogan a du succès : « 4x4 en ville, 4x4 débile »...
Daniel BORDUR / L’Est Républicain - 15.05.2011