daniel bordur - journaliste

Recyclage : le verre trinque

À peine plus de la moitié des bouteilles et bocaux rejoignent les 600 points de collecte de l’agglomération de Besançon pour être recyclés. Le reste va à la poubelle, coûte et pollue...


Les lendemains de soirées étudiantes ou de fête de la musique, les cannettes vides s’entassent au pied des conteneurs à verre des rues de la Soif. Il n’est cependant pas sûr qu’ils soient trop petits. De la même manière, ce n’est pas parce que les bacs jaunes débordent d’emballages au lendemain de Noël, qu’il en faut de plus grands tous les jours. D’ailleurs, la tendance est à la réduction de la quantité de déchets. C’est le sens de la redevance incitative mise en place à Besançon : on paie un peu moins cher son bac gris si on en prend un plus petit. Mais il faut être sûr de réduire son volume de déchets en partance pour l’incinérateur.

Et la consigne ?

Comment faire ? Ceux qui ont un jardin sont invités à se doter d’un composteur où mettre les épluchures (la collectivité en paie la moitié). On peut aussi, lors de ses achats, éviter les emballages inutiles : ils sont si nombreux que ce n’est pas le plus facile. On peut enfin ne pas mettre de verre à la poubelle, mais l’apporter dans l’un des 600 conteneurs de l’agglomération. Il y a de la marge car près de la moitié des bouteilles et bocaux de l’agglomération sont justement mis à la poubelle. Un vrai gaspillage. Que le verre soit jeté dans le bac gris, il produira de polluants mâchefers lors de l’incinération. Qu’il parte dans le bac jaune, il risque de blesser les ouvriers des centres de tri où partent papiers et cartons.

Éric Alauzet, le président du Sybert, est de ceux qui militent pour le retour du verre consigné. « L’apport volontaire n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Il demande un effort qui ne permet pas de récupérer aujourd’hui la totalité du verre, seule la consigne peut y parvenir », estime-t-il. En attendant, il estime nécessaire de mettre le paquet pour convaincre nos concitoyens d’apporter davantage de bouteilles aux conteneurs spéciaux. Avec 32 kg par habitant, le verre représente aujourd’hui 34 % des déchets recyclés du Grand Besançon : 5.500 t, presque autant que les 5.700 t de papiers, journaux et cartons qui, eux, sont collectés à domicile, via le bac jaune. L’industrie verrière défend elle aussi la collecte du verre. On la comprend, en dix ans, elle a récupéré 37 % de calcin en plus. Le calcin est le résultat du traitement du verre recyclé avant production d’un nouveau verre : rien ne se perd, tout se transforme.

Communication

On a donc moins recours à la silice, au calcaire et au carbonate de soude pour faire du verre neuf. Moins glorieusement, elle milite ardemment contre le retour du verre consigné : le transport coûterait plus cher, le verre vide prenant beaucoup plus de place que le verre cassé. Mais aussi à cause des coûts en eau de lavage. Résultat : faute de consigne, du verre n’est ni collecté, ni recyclé.

La CAGB, qui vient de créer un service de prévention au sein de sa direction des déchets, démarre des actions de communication en direction des clients d’un hypermarché de Chateaufarine avec qui une convention a été signée. Une mini-exposition réalisée par l’industrie verrière s’y tient jusqu’à samedi. On y trouve un dépliant de Saint-Gobain dont l’usine de Chalon-sur-Saône récupère le verre bisontin collecté par la Coved, une filiale de la SAUR.

Il en faudra davantage pour convaincre.

Daniel Bordür, L’Est Républicain du 10.06.2008

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